Via Le journal du CNRS

Bulles de science

24 janvier 2019
27 janvier 2019

Cette année, la science s’invite à Angoulême pour le 46e Festival international de la bande dessinée. Du 24 au 27 janvier, ERCcOMICS, projet européen de communication scientifique, présentera au grand public plusieurs BD inspirées de projets de recherche. Découvrez en avant-première l’album Estrella, avec le dessinateur Lorenzo Palloni et l’astrophysicienne Christine Joblin.

Par Xavier Müller pour le Journal du CNRS, 21 janvier 2019

Comment est née votre collaboration ?

Christine Joblin : Le Conseil européen de la recherche (ERC, pour European Research Council.) cherchait à rendre accessible des sujets de recherche complexes par le biais d’une narration visuelle inventive. L’organisme finance des projets d’excellence scientifique, considérés comme ambitieux, exploratoires et originaux, afin d’aller au-delà des frontières de la connaissance. Parmi eux, dix-huit ont été adaptés en bande dessinée sur le Web. Estrella(link is external), pour l'instant uniquement en Anglais, s’inspire de notre projet ERC Synergy qui s’appelle Nanocosmos. L’objectif de celui-ci est d’obtenir une vision nouvelle des poussières cosmiques, de leur origine dans les enveloppes d’étoiles en fin de vie, à leur voyage dans le milieu interstellaire et les régions de formation stellaire et planétaire. ERC Synergy combine des observations provenant de grands télescopes et des expériences en laboratoire. Ces dernières utilisent des appareils complexes, spécifiquement développés pour le projet, comme  Stardust, machine dans laquelle Estrella va effectuer un voyage. Trois coordinateurs sont impliqués dans ce projet et une soixantaine de chercheurs, d'ingénieurs et d'étudiants y contribuent.

Lorenzo Palloni : Cette démarche, baptisée ERCcOMICS(link is external), est chapeautée par Sorbonne Université et l’agence de communication la Bande Destinée qui m’a contacté pour je fasse partie de l’aventure. On m’a proposé plusieurs thématiques et l’amateur de science-fiction que je suis a immédiatement accroché aux recherches de Christine et de ses deux collègues espagnols, Jose Cernicharo et José Angel Martín-Gago du CSIC à Madrid2. L’Espace et la mort des étoiles, je ne pouvais rêver mieux ! Les autres BD offrent un panel varié, c’est tout l’intérêt d’ERCcOMICS. Il y est question de la quête d’invisibilité, de la relation des hommes avec les robots, et même des racines du yoga Ayurveda.

La vulgarisation scientifique via le dessin a la cote ces temps-ci, notamment avec la série de Marion Montaigne Tu mourras moins bête. Quelle force la bande dessinée possède-t-elle par rapport au livre ou à la télévision pour raconter la science ?

L.P. : Pour moi, la BD est le médium parfait pour communiquer sur la science. Il procure littéralement une double lecture : à la première, le lecteur s’intéresse à l’histoire et, à la seconde, il peut plonger plus profondément dans la science.

C.J. : La BD permet de s’adresser directement à l’imagination du lecteur. Les chercheurs doivent réussir à s’éloigner des aspects techniques et mathématiques pour vulgariser leurs recherches, mais aussi pour transmettre la passion qui les anime et attirer de nouveaux publics vers la science.

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