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Une grande enquête nationale pour étudier la santé et les enjeux sociaux de la pandémie de COVID-19 et du confinement

13 avril 2020
31 août 2020

Afin de mieux comprendre les enjeux épidémiologiques et sociaux des mesures de prévention exceptionnelles mises en place pour lutter contre la pandémie de Covid-19, et notamment du confinement, un groupe pluridisciplinaire de chercheurs et chercheuses lance une enquête auprès d’environ 200 000 participants de cinq grandes cohortes nationale. Et le laboratoire Eren et son étude NutriNet sont impliqués!

La pandémie de Covid-19 qui sévit dans la plupart des régions du monde s’est accompagnée de la mise en place de mesures exceptionnelles de prévention, dont le confinement d’une large partie de la population en est peut-être l’exemple le plus frappant. Face à cette mesure, inédite à une telle échelle dans notre histoire, de nombreuses interrogations concernant la santé, la qualité de vie, les relations sociales ou l’éducation des enfants émergent. Afin d’y répondre et de mieux appréhender les conséquences à court et à long termes de ces mesures et de mieux décrire la fréquence des symptômes du Covid-19 en population générale, la communauté scientifique a un rôle de première importance à jouer. Ces efforts sont complémentaires des études cliniques réalisées en milieu hospitalier pour identifier les traitements les plus efficaces et comprendre le devenir des patients Covid-19 hospitalisés.

Un groupe pluridisciplinaire constitué de chercheurs et de chercheuses de l’Inserm, de l’Ined, du CNRS, de l’Université Paris-Saclay, de Sorbonne Université, Sorbonne Paris Nord et de l’Université Paris Dauphine-PSL, du CNAM, de l’Institut Gustave Roussy et de l’INRAe, issus de disciplines aussi variées que l’épidémiologie, la sociologie, la démographie et l’économie, a été mis en place pour étudier les principaux enjeux épidémiologiques et sociaux de cette épidémie, via une grande enquête nationale menée auprès de la population, autorisée par la CNIL dans le cadre de la procédure accélérée mise en place pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire.

Intitulée SAPRIS (“Santé, pratiques, relations et inégalités sociales en population générale pendant la crise COVID-19”), l’étude est coordonnée par Nathalie Bajos, directrice de recherche Inserm, sociologue-démographe, et par Fabrice Carrat, professeur de santé publique à Sorbonne Université, en collaboration avec Santé Publique France.

Cette enquête s’appuie sur les cinq grandes cohortes nationales en population générale (Constances – Etude familiale E3N-E4N – Elfe / Epipage 2 – NutriNet Santé) et est menée en étroite coordination avec les responsables de ces cohortes. 

“L’avantage de ces cohortes est qu’elles concernent plusieurs dizaines de milliers de personnes suivies depuis des années, dont les habitudes de vie et alimentaires, l’état de santé et les consommations de soins, les activités professionnelles et des données biologiques avant le début de l’épidémie sont finement détaillées”, ce qui permettra aux chercheurs d’étudier l’impact de la situation de confinement en documentant notamment les inégalités sociales et géographiques d’exposition au risque et de conditions de vie et de caractériser les facteurs liés à la susceptibilité et la sévérité de l’infection, soulignent Nathalie Bajos et Fabrice Carrat.

A l’aide d’un questionnaire, administré dès les premiers jours du mois d’avril et reconduit plusieurs fois pendant et à l’issue du confinement, l’étude SAPRIS interrogera les participants à propos des enjeux spécifiques de l’épidémie et des mesures de confinement. Seront notamment étudiés l’incidence des symptômes du Covid-19 et d’autres problèmes de santé, le recours ou le renoncement aux soins pour d’autres pathologies, la perception du risque pour soi-même et en général, les effets des mesures de prévention sur la vie quotidienne, les relations sociales et le travail, ainsi que la prise en charge des enfants.

Dès que des tests sérologiques seront disponibles, la prévalence du Covid-19 pourra être établie, sur la base d’auto-prélèvements qui pourraient être proposés aux participants de cette étude, apportant des indications sur la prévalence au niveau national.

Source : Insern