Bilan

L’école Vaucanson déjà 1 an de succès

22 juin 2011

Le 22 juin dernier, le 1er conseil scientifique de l’Ecole Vaucanson se tenait dans les locaux du Cnam à La Plaine Saint-Denis.
L’occasion pour les 16 membres du conseil, issus de tous les horizons professionnels, de se rencontrer, d’échanger sur les valeurs de l’école, de mieux en cerner les objectifs, d’apporter des idées d’amélioration, de faire un premier bilan, de s’impliquer dans ce projet en mettant leurs qualités professionnelles et leur expérience au service de l’école, par la mise en relation avec des entreprises partenaires éventuelles grâce à leurs nombreux contacts. A la fin de cette réunion de travail,  ils ont pu rencontrer les 18 étudiants de cette première promo et le corps professoral qui les a suivis et soutenus tout au long de cette année.

1er conseil Scientifique
Michel Pébereau, Président du Conseil scientifique de l’Ecole Vaucanson et Président de BNPParibas a ouvert la séance en rappelant les valeurs et principes de l’école qui permet « qu’il n’y ait plus de fatalité à choisir la voie professionnelle qui s’arrêtait au baccalauréat » et a insisté sur le fait que le conseil, par sa composition, illustre la pluralité des excellences : « l’excellence sous une forme classique ou moins classique illustre le principe de base de l’école que l’excellence ne se limite pas au champ académique, mais qu’il y a une multitude de voies pour l’atteindre, dont l’enseignement professionnel. » Michel Pébereau soulève ainsi le problème constaté depuis des années par Jean-Pierre Boisivon, Président du Fonds de dotation et qui a été à l’origine de ce projet d’école : « la pluralité des excellences qui n’est pas reconnue en France, à l’inverse de l’Allemagne par exemple où la filière pro n’est pas ostracisée et l’apprentissage très répandu et valorisé. » Une vision française restrictive qui fait plafonner chaque année « 100 000 jeunes à la sortie de leur bac professionnel sans réelles perspectives pour continuer alors qu’un nombre significatif pourrait accéder à l’excellence. Cette mise à l’écart leur laisse entendre qu’il n’y a pas de réelle promotion sociale par l’école », déplore Jean-Pierre Boisivon. L’Ecole Vaucanson veut apporter la démonstration que, sans rupture, en gardant les caractéristiques de l’enseignement professionnel, on peut amener des jeunes issus du bac pro à un niveau d’excellence comparable à celui auquel conduit l’enseignement classique « mais avec des méthodes différentes, grâce à l’alternance par exemple et ainsi former des diplômés différents qui posséderont un nouveau type de double qualification : la maîtrise d’un métier et une formation au management ou aux technologies de niveau master », précise Jean-Pierre Boisivon.
Par la suite, Vincent Merle, professeur du Cnam et directeur de l’Ecole Vaucanson a expliqué au Conseil le fonctionnement global de l’Ecole rappelant que « le projet n’est pas que parisien ou Cnamien et que l’Ecole Vaucanson a vocation à s’ouvrir ailleurs. » Valérie Pécresse avait demandé que le Cnam porte le projet, mais avec « l’idée de faire des petits ». Christian Forestier, administrateur général du Cnam qui soutient le projet depuis sa création, considère que ce projet est « nécessaire » et que l’équipe Vaucanson peut continuer à compter sur le soutien indéfectible du Cnam pour son développement futur. Il souligne en parlant de l’ouverture de nouveaux sites « que le Cnam ne voulait pas rester seul dans cette belle aventure et souhaitait trouver des partenaires ».
L’école a créé deux licences l’une en sciences de l’ingénieur et l’autre en gestion et management. L’ensemble de ces cursus se fait entièrement en apprentissage. Durant ces 3 ans de formation, les apprentis exercent le métier qu’ils ont appris lors de leur bac pro et l’Ecole Vaucanson leur apporte la théorie pour se parfaire tant en « savoir pratique » qu’en « savoir théorique » à travers une pédagogie par projet. Ainsi les jeunes ont pu travailler par exemple sur un projet de restauration sur le site de l’école où les cours théoriques de marketing, commerce, etc, venaient appuyer leur apprentissage pratique. « Cette pédagogie permet de restaurer l’envie d’apprendre. C’est d’ailleurs pour réussir ce pari que nous souhaitions de petits effectifs par classe, surtout pour la première année car nous naviguions en eaux inconnues», explique Nicole Levy, directrice de l’Ecole Vaucanson.

Bilan et perspectives
Après un an d’existence, Vincent Merle considère le bilan de l’Ecole très positif mais reconnait que «l’enthousiasme des jeunes à vouloir apprendre les a portés et poussés à se dépasser».
Ainsi, cette première année a été consacrée en partie à la formation à l’ouverture : ouverture à l’autre et au monde qui nous entoure, ouverture au savoir et à la connaissance et ce à travers des ateliers : théâtre, anglais, actualité (lecture de la presse…), invité de la semaine,... Mais, même si ces jeunes étaient très motivés, le corps professoral a du s’adapter à certaines de leurs faiblesses, un vrai travail de « remédiation » par rapport au travail a ainsi été mis en place pour les aider par exemple à apprendre à fixer leur attention, à avoir une représentation mentale des tâches à réaliser, à mettre en place des stratégies de travail individuel, à travailler les méthodes de mémorisation, etc…
Le prochain enjeu que l’école devra relever n’est ni académique ni pédagogique, les enseignants trouvant toujours des solutions pour s’adapter aux problématiques quand elles surgissent, mais se situe dans le recrutement de nouvelles entreprises pour l’apprentissage des étudiants. Devant les bons résultats de cette première année qui permettent la possibilité d’ouverture de nouvelles Ecoles Vaucanson à travers la France dès la rentrée 2012, « il ne devrait pas être difficile de convaincre et séduire de nouvelles entreprises », estime Michel Pébereau. Ainsi, de nouveaux sites devraient voir le jour : Bretagne, Nantes, Troyes, Aquitaine, Marseille. Les villes de Lyon et Montpellier qui ont aussi été approchées, se montrent très favorables à ce projet.
Mais pour continuer « cette belle aventure et la pérenniser dans les meilleures conditions, il faudra trouver des subventions et des sources de financement : taxe d’apprentissage, grand emprunt, conseil régional, etc… », précise Vincent Merle. Cet argent permettra par exemple d’engager des enseignants et de consolider ainsi l’équipe pédagogique qui est encore en trop grand nombre composée de vacataires et dans un avenir proche de pouvoir avoir ses propres locaux.

L’Ecole Vaucanson a donc un très bel avenir devant elle, tout comme celui qu’elle offre à ses étudiants qui hier encore pensaient être les laissés pour compte de l’enseignement supérieur. Elle est indispensable dans le paysage éducatif français et on s’étonne qu‘elle n’ait pas été créée plus tôt car elle correspond à un triple enjeu :
  • Enjeu économique : en permettant, chaque année, à quelques dizaines de milliers de jeunes supplémentaires d’accéder à une formation de plus haut niveau validée par le système de production, notre économie sera plus compétitive.
  • Enjeu éducatif : en disant aux jeunes et à leurs familles que le choix de l’enseignement professionnel permet lui aussi d’accéder aux plus haut niveau on réduit la résistance à l’orientation vers cette voie de formation.
  • Enjeu social : La « diversité » que nous avons tant de difficulté à intégrer y est massivement représentée.



L’Ecole Vaucanson en quelques chiffres
  • 100 000 étudiants en bac pro – 10 à 15% concernés par cette école
  • 18 étudiants dont 14 en sciences ingénieur et 4 en commerce
  • 5 enseignants permanents
  • 25 entreprises partenaires
  • 20 à 30 étudiants de plus à la prochaine rentrée
  • 4 nouveaux sites à la rentrée 2012 : Bretagne, Nantes, Aquitaine, Marseille

Créée en 2010 sous l’impulsion de Jean-Pierre Boisivon, l’Ecole Vaucanson, se veut l’école des Bacs Pros.