Pour plus de 8 Français sur 10, la formation permet de reprendre en main son destin professionnel

6 juin 2019

Près d’1 personne sur 2 estime que l’offre reste cependant inadaptée aux besoins du marché du travail, selon les résultats d’une étude exclusive menée par Harris Interactive pour le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

Dans le contexte actuel de revendications sociales et du profond sentiment de déclassement exprimé par une partie des citoyens, la garantie universelle d’accès à la formation tout au long de la vie introduite par la loi Avenir professionnel représente l’un des enjeux majeurs des politiques publiques. Et pour cause, malgré l’unanimité des Français (93%) autour des bénéfices de la formation, celle-ci reste aujourd’hui cantonnée à une logique de continuité dans l’acquisition de nouvelles compétences dans le même métier. Pourtant le déploiement du nouveau compte personnel de formation (CPF) et son application, disponible à l’automne prochain, dispositif connu de 7 Français sur 10, représente un enjeu majeur pour des acteurs tels que le Cnam, classé N°1 des organismes de confiance en matière de formation.  

86% des Français satisfaits de la formation   

L’offre de formation en France bénéficie d’une bonne image. Une majorité de Français la jugent utile (84%), diversifiée (76%) et de qualité (73%). Parmi les sondés qui ont déjà suivi ou suivent actuellement une formation (72%), 86% se déclarent satisfaits et 85% en ressortent avec de nouvelles compétences.   

Des progrès sont constatés sur la période des 10 dernières années par les répondants. Ainsi ils estiment que l’offre de formation est davantage diversifiée (51%), plus utile (47%), plus accessible à distance (47%) et innovante (46%). Mais aux yeux des Français, ce sont avant tout ses points forts qui se sont consolidés. 

Les nouveaux défis de la formation : adaptation et accessibilité   

Les Français se montrent plus nuancés au sujet de la capacité de l’offre de formation à répondre aux besoins actuels. Ainsi, la formation renvoie avant tout à la formation professionnelle en entreprise (48%). Si des progrès sont constatés, seuls 1 Français sur 2 estime toutefois qu’elle est aujourd’hui adaptée aux besoins du marché du travail et qu’elle est suffisamment innovante.  

La formation se trouve donc face à un enjeu d’adéquation avec les bassins d’emploi : elle doit s’adapter aux besoins réels, en matière de demande des entreprises, mais également en termes d’accessibilité géographique. En effet, seuls 58% des sondés estiment que l’offre de formation est aujourd’hui accessible sur l’ensemble du territoire.   

Une répartition géographique de l’offre de formation qui constitue un frein potentiel au passage à l’acte. Si plus de la moitié des Français (55%) déclarent ainsi qu’ils envisageraient de suivre une formation, notamment les jeunes (82% des moins de 35 ans) et avant tout les hommes, les cadres, les Franciliens et les personnes qui en ont déjà suivi, 57% d’entre eux n’envisageraient pas d’effectuer un trajet supérieur à 30 minutes entre leur domicile et leur lieu de formation. Une problématique renforcée pour les catégories populaires et les habitants de zones rurales.     

Plus d’un Français sur 2 admet se sentir mal informé en matière de formation   

Les Français sont presque unanimes : 93% d’entre eux estiment qu’il est important de suivre au moins une formation au cours de sa vie avec des bénéfices à la fois professionnels et personnels. La formation est perçue comme un excellent moyen d’acquérir de nouvelles compétences (92%), d’évoluer et de progresser dans sa vie professionnelle (89%), de se reconvertir et de changer de métier (88%).

Véritable levier de sa vie professionnelle, plus de 8 Français sur 10 citent parmi ses bénéfices clés la reprise en main de son destin en cas de difficulté, l’accomplissement personnel, la maximisation de son employabilité, la lutte contre le risque de déclassement ou de précarité sociale.   

Ces perceptions sont d’ailleurs confirmées par des retours d’expériences très concrètes : dans certains cas, particulièrement mis en avant par les personnes issues des catégories populaires, les formations suivies ont permis d’obtenir un diplôme pour 36% des répondants, voire de retrouver un emploi pour 31% d’entre eux.   

Mais l’information qui entoure la formation en France reste perfectible à commencer par les coûts associés (65%), l’offre de formation près de chez soi (62%) et l’offre globale en matière de formation tout au long de la vie (60%), des aspects pour lesquels le manque d’information est particulièrement souligné.  

La formation pour tous partout, de la devise du Cnam à la réalité ?  

La plupart des sondés estiment que les formations s’adressent à de nombreux profils différents, à commencer par les personnes en reconversion professionnelle (90%), les salariés (85%), les personnes en situation plus difficile comme les chômeurs (84%) et les personnes les moins qualifiées (84%).  

D’ailleurs, l’année 2019 s’annonce décisive et porteuse de grands changements pour l’accès à la formation en France, comme prévu par la loi Avenir Professionnel, un changement de paradigme est sur le point de s’opérer avec l’arrivée de l’application du CPF. Plus de simplicité, de proximité et d’autonomie, donnant aux Français la possibilité de prendre en main leur propre parcours professionnel.   

Plus de 7 Français sur 10 (72%) déclarent avoir déjà entendu parler du CPF. Mais, il s’agit avant tout des hommes actifs, issus de catégories aisées, et ceux ayant déjà suivi une formation. Et seulement 38% d’entre eux voient précisément de quoi il s’agit.  

« En matière de formation tout au long de la vie, les différentes catégories d’acteurs n’ont pas toutes le même niveau de légitimité aux yeux des Français. Ceux qui suscitent le plus haut niveau de confiance en la matière sont les organismes de formation publics ou privés en général (76%) parmi lesquels le Conservatoire national des arts et métiers (77%) et les Chambres de commerce et d’industrie (76%). Ces chiffres font directement écho à la mission d’intérêt publique comme à la qualité de l’accompagnement et de l’offre de formation que portent des institutions comme le Cnam, gage d’émancipation individuelle » commente Olivier Faron, administrateur général du Cnam.  

Méthodologie du sondage : 
Enquête Harris Interactive réalisée en ligne du 26 au 30 avril 2019 auprès d’un échantillon de 2047 personnes représentatif des Français âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été interrogé selon la méthode des quotas. 

Consulter l'enquête « Les français et les enjeux de la formation »