Le modèle Economique

Séance n° 6

 

Le mouvement mathématique

L’école des systèmes sociaux

L’école néo classique

 

Le mouvement mathématique

 

Le domaine du "courant quantitatif" est vaste et mal défini.

 

On peut recenser :

- la Recherche Opérationnelle

- la Théorie statistique

- la Théorie de la Décision statistique

- la Cybernétique

- le Traitement électronique des données

- l'Econométrie

- la Comptabilité et l'économie de l'entreprise

 

On regroupera dans le mouvement mathématique toutes les disciplines qui font appel aux mathématiques comme outil de résolution des problèmes quantitatifs.

 

Le mouvement est né pendant la seconde guerre mondiale, bien que dès 1930 les premiers principes de contrôle de la qualité aient été quantifiés.

 

Les circonstances qui ont marqué la naissance de ce mouvement sont exceptionnelles (guerre) et ont entraîné :

 

a - une mobilisation des ressources intellectuelles qui n'aurait jamais été effectuée en temps normal.

b - l'appel, pour la première fois en organisation, à une pensée étrangère à l'entreprise et à l'administration.

Les techniques importées n'étaient pas toutes nouvelles, certaines dataient du début du siècle ; mais leur application à l'ordonnancement et au planning n'avait jamais été réalisée.

c - la création d'équipes interdisciplinaires, regroupant des mathématiciens, des ingénieurs et des économistes.

 

Prolongement des techniques classiques d'organisation d'atelier, dérivées du Taylorisme (graphiques de Gantt, abaques de gestion des stocks, contrôle statistique de la qualité...)

 

La physionomie des instruments classiques et leur efficacité ont été tellement transformés par la symbolisation et le calcul mathématique qu'ils en sont devenus méconnaissables.

 

Définition de la Recherche Opérationnelle

 

"Ensemble de techniques rationnelles d'analyse et de résolution de problèmes concernant notamment l'activité économique, visant à élaborer les décisions les meilleures possibles (au sens d'un ou de plusieurs critères) tout en respectant les contraintes inhérentes à ces problèmes".

(Larousse)

 

La Recherche Opérationnelle permet de prévoir les conséquences d'une décision en réduisant un problème complexe à un modèle schématique complété par une méthode de résolution (qui a recours à l'informatique).

 

" La Recherche Opérationnelle est une approche scientifique moderne des problèmes complexes qui se présentent dans la direction et le management des grands systèmes composés d'hommes, machines, matériel et argent dans l'industrie, le commerce, le gouvernement et la défense.

 

Elle se caractérise par le développement d'un modèle scientifique des systèmes, incorporant la mesure de facteurs tels que le hasard et le risque, qui permettent de prévoir et comparer les conséquences des alternatives de décision, stratégies ou contrôles, le but étant d'aider le Management à déterminer ses actions et ses politiques".

 

(d'après Stafford Beer)

 

Cette définition est très large, et pourrait aussi s'appliquer à l'Ecole des Systèmes Sociaux ou à la Théorie des Systèmes !

 

Pourtant, le mouvement mathématique se distingue des écoles postérieures par :

 

- une certaine réduction de la réalité aux données quantitatives,

- une polarisation sur les techniques et les outils, sans toujours tenir compte de leur priorité dans l'ensemble de l'entreprise.

 

Quelques outils de la Recherche Opérationnelle

 

1 - Programmation linéaire

 

- "allouer de façon optimale des ressources en quantités limitées entre plusieurs activité concurrentes"

- optimiser des schémas de transport...

 

2 - Les Réseaux( PERT...)

 

- en électronique, en informatique, dans les transports...

- tracer un "graphe" et déterminer les flux maximums, la route la plus courte, le chemin critique, les risques...

- en suivi de projet (à la mode)

 

3 - Programmation dynamique

 

- décisions multiples, à chaque étapes du processus...

 

4 - Programmation non linéaire

 

5 - Théorie des Jeux

 

- choix de stratégies, en face d'adversaires (concurrents...) et recherche de "mini max" (minimiser la perte maximale)

 

6 - Théorie des files d'attente

 

- les queues aux caisses des supermarchés...

 

7 - Théorie des stocks

 

- déterminer des politiques de stocks et minimiser les ruptures, les coûts...

 

8 - Simulation (itération et modification des paramètres)

 

1 - Le "réductionnisme quantitatif" a limité le succès de la Recherche Opérationnelle aux domaines totalement formalisables de l'entreprise, avec d'ailleurs des réussites spectaculaires.

 

Ces réussites ont entraîné, chez les mathématiciens d'entreprise la conviction que, tôt ou tard, tout devrait être formalisé et qu'un jour on dirigera une entreprise comme on optimise un réseau de distribution.

 

L'utilisation des ordinateurs a permis, en effet, de multiplier l'efficacité de la Recherche Opérationnelle et, par un phénomène de glissement, certains ont confondu Informatique (= technique du traitement automatique de l'information) et Recherche Opérationnelle, puis Recherche Opérationnelle et Gestion !!!

 

2 - Polarisation des techniques et outils : le terme de préparation scientifique des décisions, souvent associé à la Recherche Opérationnelle est à cet égard révélateur.

 

En aucun cas on ne trouvera dans la Recherche Opérationnelle de principes de décision, de règles normatives permettant au manager de réaliser une synthèse des événements dont il doit tenir compte pour diriger son entreprise de la manière la plus rationnelle, comme un tout indissociable.

 

La préparation scientifique des décisions ne représente qu'un aspect de la réalité, important mais longtemps surévalué.

 

Abus et limites de la Recherche Opérationnelle

 

Les qualités du courant quantitatif, le prestige qui s'attache à ses instruments, l'élégante précision de ses concepts, ses brillants succès dans les zones formalisées de l'administration et de la production ont conduit à certains abus.

 

Le divorce est complet avec le mouvement des RH.

 

L'attention du mouvement quantitatif se porte sur des informations exclusivement discrètes (discontinues) et numériques : il abandonne les buts et les échelles de valeurs aux dirigeants avec une désinvolture qui contraste avec l'intransigeante précision du traitement de l'information.

 

On se contente de déclarer que les "décisions explicites" se trouvent "en dehors" du système, ainsi d'ailleurs que le "décideur".

 

La tâche du "System Analyst" (nom donné à l'expert en Recherche Opérationnelle) est de préparer les décisions et non de s'immiscer dans les prérogatives de la direction.

 

D'après S. Beer, il y a 6 obstacles à la bonne application de la Recherche Opérationnelle :

 

1 - le conformisme des chercheurs, enfermés dans leur spécialisation,

 

2 - une stéréotypie dans la définition des problèmes, trop partielle pour rendre compte de la réalité,

 

3 - la pesanteur de l'attitude scientifique elle-même, dont la rigueur et le déterminisme sont incompatibles avec la réalité ("la certitude scientifique n'est pas applicable au commerce").

 

4 - le conformisme des solutions, qui conduit à rétrécir l'éventail, en limitant le nombre de variables (filtrage), et dû notamment aux cloisonnements interdisciplinaires.

 

5 - La stéréotypie des critères de rentabilité fondés sur une approche statique et rétrospective plutôt que prospective.

 

6 - l'attitude provoquée par l'autosatisfaction et les conflits entre les chercheurs opérationnels et la direction au sujet de la paternité des projets réussis !

 

La Recherche Opérationnelle se borne à préparer les décisions et ne peut rien sur le choix des alternatives et sur la responsabilité des risques : c'est la direction qui doit assurer cette fonction de choix et de risque (génération de valeurs).

 

 

Une triple réaction s'est développée contre le mouvement mathématique :

 

1 - Réaction contre la méconnaissance de facteurs informels ou psychosociologiques

==> école des Systèmes sociaux

 

2 - Réaction contre l'hermétisme d'un certain jargon mathématique et contre l'indifférence du mouvement face aux réalités vivantes et concrètes de l'entreprise

==> école Néoclassique

 

3 - Réaction contre la limitation volontaire du champ d'observation et le caractère très spécialisé des techniques

==> Théorie des systèmes

 

Domaines, techniques et applications de la Recherche Opérationnelle

 

 

Domaine

 

Outils et méthodes

 

 

Applications

 

Problèmes "combinatoires"

(= comportant à priori un très grand nombre de solutions dont l'énumération est impraticable)

 

Algorithmes exacts ou approchés, fondés sur :

- la théorie des graphes ou l'algèbre de Boole,

- le calcul matriciel

 

- Cheminements optimaux

- Ordonnancement de projets

- Flots

- Transports

- Affectations

- Tournées

 

 

Problèmes aléatoires (stochastiques) : décision dans l'incertain

 

Programmation linéaire

- Statistiques et calcul de probabilités

- simulation

 

- Gestion des stocks

- Files d'attentes

- Questions relatives à l'usure, la fiabilité, la disponibilité, au renouvellement des équipements

 

 

"Duel"

 

Théorie des jeux

 

- Situations de conflit

- Problèmes de concurrence

 

 

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L’Ecole des Systèmes Sociaux

 

Les insuffisances de l'école des RH et les critiques engendrées sur les excès de l'Ecole Mathématique conduisent au développement de nouvelles théories.

 

L'Ecole des Systèmes Sociaux se propose d'étudier les facteurs psychosociologiques et décisionnels dont les interdépendances facilitent l'ajustement mutuel et la conformité des activités de l'entreprise à ses objectifs.

 

L'organisation est efficace dans la mesure où les motifs de l'action de ses membres sont satisfaits.

 

L'Ecole des Systèmes Sociaux, comme son nom l'indique, a été fortement influencée par la sociologie et s'est préoccupée de revoir les fondements de l'Ecole Classique.

 

Bien que les membres de l'Ecole des Systèmes Sociaux aient vivement critiqué l'Ecole Classique, ils se sont néanmoins appuyés sur ses principaux postulats pour édifier leur doctrine.

Ils en ont repris les principes essentiels en les simplifiant.

 

NB : Système = ensemble dynamique de parties interdépendantes, agencées en fonction d'un but (le tout et les parties)

 

Position de l'Ecole des Systèmes Sociaux vis à vis de quelques principes classiques

 

A partir de réflexions sur la nature et l'origine des phénomènes d'autorité dans l'entreprise, les auteurs des Systèmes Sociaux ont abordé tous les grands thèmes classiques :

 

- Unité de commandement : Simon, reprenant la vieille querelle Taylor-Fayol, propose un compromis un peu différent de la structure Staff and Line : il admet qu'un subordonné puisse recevoir des ordres de plusieurs supérieurs (comme Taylor) mais qu'en cas de conflit il n'en réfère qu'à un seul, désigné préalablement !

 

- Une aire d'influence est fixée à chaque unité et relève de sa compétence et de son autorité : ressemble à la supervision fonctionnelle de Taylor, avec plus de souplesse.

 

- Eventail de subordination : d'après Simon, les grandes entreprises doivent choisir soit un éventail engendrant une structure en hauteur, soit un éventail plus large engendrant une structure plate.

 

- Centralisation-décentralisation : la prise de décision centralisée est nécessaire à certains stades du cycle vital de l'entreprise en expansion.

Une prise de décision centralisée contribue à la coordination, à la responsabilité et à la compétence.

Toutefois, la centralisation a des effets défavorables sur la motivation.

 

Communication

 

L'Ecole des Systèmes Sociaux accorde une importance particulière aux communications, et surtout aux communications informelles :

 

- la communication doit être aussi courte que possible

- la ligne de communication doit être utilisée dans toute sa longueur

- toute information doit être authentifiée (C. Barnard)

 

Les communications entre les personnes sont l'instrument de base de leurs rapports ; c'est un instrument qui permet de recueillir des informations mais aussi qui permet d'influencer le comportement d'autrui.

 

La communication est toujours associée à la recherche d'une influence.

H.J Leavitt a réalisé des expériences pour mesurer l'influence de la structure du réseau de communication sur le rendement du groupe.

 

Ex pour 5 personnes :

 

A est plus efficace pour des tâches simples

B est plus efficace pour des tâches complexes

 

Lorsque rien n'a été prévu pour alimenter en information un groupe ou un niveau de structure, les gens constituant ce groupe organisent eux-mêmes un réseau informel qui remplace ce qui manque et permet d'obtenir des satisfactions comparables.

 

Prise de décision

 

C'est surtout dans l'étude de la prise de décision que l'Ecole des Systèmes Sociaux fait preuve d'originalité, car c'est surtout dans ce domaine qu'elle a exercé une influence sur les autres écoles d'organisation.

 

H. Simon et F. March montrent que la prise de décision est fonction non seulement de critères plus ou moins rationnels de choix (conception de "rationalité limitée"), mais aussi de l'état des motivations et de la perception de l'environnement.

 

Or, la perception de l'environnement est soumise à des distorsions, autres que les pertes d'information et les bruits déjà étudiés par d'autres écoles.

 

Ces distorsions dépendent de l'état des motivations à l'instant de la prise de décision, mais aussi du rôle et de la place que le décideur occupe dans la structure.

 

Ainsi, un ouvrier devenu contremaître percevra-t-il l'environnement d'un oeil nouveau, sans s'en rendre compte !

 

L'Ecole des Systèmes Sociaux a ainsi démontré que les conflits ne naissent pas nécessairement de "mauvaises relations humaines", de frustrations et d'incompatibilité entre les motivations individuelles et les objectifs de l'organisation.

 

èLes conflits les plus dangereux, les plus difficiles à résoudre sont dus à des différences dans la perception de l'environnement.

 

Ceci explique que chacune des parties puisse "être dans son droit" et taxer l'autre de "mauvaise foi", les déformations perceptives étant invisibles et difficiles à expliciter.

 

Théorie de la Décision : le modèle IMC

 

Simon distingue 3 étapes dans le "Problem Solving" :

 

1 - L'intelligence : Quel est le problème ?

2 - Le "design", c'est à dire la conception, le modèle : Quelle est la solution ?

3 - Le choix : Quelle est la meilleure décision ?

 

ou plus finement :

 

1 - participation = situation du problème dans l'environnement

2 - reconnaissance et définition du problème

3 - compréhension

4 - conception et évaluation des différentes solutions

5 - choix d'une solution

6 - "implémentation" = insertion de la solution choisie dans l'environnement

7 - feedback et contrôle

 

Ce schéma détaillé est une "vue de l'esprit" car souvent dès le départ, une solution a la préférence du décideur et celui-ci cherchera à la confirmer par tous les moyens (cf. processus de dissonance cognitive - Festinger).

 

Souvent aussi, le choix est ramené à une alternative par élimination sommaire des autres solutions, et ce choix binaire est finalement tranché par des motifs affectifs.

 

Cependant, une formalisation du processus décisionnel permet au manager de réduire une part de l'arbitraire de ses propres décisions et de celles de ses subordonnés.

 

Techniques traditionnelles et techniques modernes de prise de décision

 

 

 

Techniques de prise de décision

 

Types de décisions

 

 

Traditionnelles

 

Modernes

 

Programmées :

 

(décisions routinières et répétitives)

 

==> l'organisation développe des processus spécifiques pour y faire face.

 

- l'habitude

 

- la routine = procédures opérationnelles standardisées

 

- la structure de l'organisation = les attentes communes, un système de sous-objectifs, des canaux d'information bien définis

 

 

- la recherche opérationnelle : l'analyse mathématique, les modèles, la simulation par ordinateur

 

- le traitement informatique des données

 

Non programmées :

 

(décisions politiques uniques, nouvelles, mal structurées)

 

==> application de processus généraux de résolution des problèmes.

 

- le jugement, l'intuition et la créativité

 

- les règles empiriques

 

- la sélection et la formation des dirigeants

 

les techniques heuristiques de résolution des problèmes appliquées à :

 

- la formation des décideurs

 

- la construction de programmes heuristiques pour l'ordinateur

 

 

La critique de l'Ecole des Systèmes Sociaux

 

L'Ecole des Systèmes Sociaux a bien souligné l'importance des différences perceptives dans l'origine des conflits, mais elle les a attribués essentiellement aux différences de position hiérarchique on sociales.

 

Elle n'a pas suffisamment tenu compte d'autres facteurs tels que les habitudes culturelles et le langage utilisé.

 

Il semble, en prenant un peu de recul, que si les doctrines classiques et néoclassiques sont aujourd'hui plus utilisables, c'est parce qu'elles sont plus accessibles.

 

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L’Ecole Néo Classique

 

 

Lorsque l'on considère (dans l'ordre chronologique) la succession des différentes écoles : classique, behavioriste, mathématique et psychosociologique, on est frappé par l'élaboration croissante (complexification) des concepts et des outils.

Constituée sous Taylor et Fayol d'un corps de principes empreints de bon sens et accessibles à n'importe quel chef d'entreprise, la "science de l'organisation" devient petit à petit une discipline hautement formalisée, dotée d'un "jargon" universitaire et pratiquement inaccessible au profane.

C'est contre ce divorce entre la pratique et la théorie, ou plutôt entre le chef d'entreprise et les spécialistes, que s'insurgent les "empiristes" ou "néo classiques" (citons Alfred Sloan, Chandler, O. Gélinier et P. Drucker).

 

Comme l'indique son nom, l'Ecole Néo Classique s'inscrit résolument dans le cadre défini par les classiques :

 

- d'une part, son approche est empirique et affirme nettement l'autonomie de la discipline par rapport aux sciences connexes de l'organisation

==> elle est orientée vers l'action pratique, l'efficacité

 

- d'autre part, elle adopte une attitude normative et tente de dégager des règles d'action, explicites chez Drucker, implicites dans les études de cas de Chandler

==> elle propose des principes clairs, simples, praticables, valables pour toute organisation

 

Les postulats de l'Ecole Néo Classique

 

a - la maximisation du Profit

b - la décentralisation des responsabilités et des décisions

c - l'élargissement de l'éventail de subordination

d - la direction par objectifs

e - le contrôle par exception et le principe dit d'auto-contrôle des unités autonomes

f - la motivation par la compétitivité

 

La maximisation du Profit

 

Le concept de Profit, dans la pensée néo classique, est débarrassé de toute connotation idéologique, et relève d'une conception "organique" de l'entreprise.

 

Le profit est avant tout une garantie de survie et les réserves qu'il permet de constituer contre les aléas de plus en plus nombreux de la vie économique actuelle assurent à cette organisation sociale la sécurité qui lui est indispensable pour envisager l'avenir.

 

Ce n'est qu'après avoir assuré cette sécurité que le profit contribue au développement de l'entreprise, par autofinancement ou attraction de capitaux.

 

Le personnel bénéficie de l'expansion qui en résulte à travers la hausse des rémunérations et le jeu des promotions.

 

==> le profit n'est pas une fin en soi, mais le facteur essentiel de survie et de développement de l'entreprise.

 

L'organisation toute entière doit tendre vers sa maximisation, d'où :

 

- la mesure de l'efficacité des structures par des batteries de ratios,

 

- la détection des éléments qui favorisent ou défavorisent la productivité,

 

- la mise en oeuvre de moyens successibles d'accroître les bénéfices actuels ou potentiels.

 

Ces moyens ne sont pas uniquement structurels ou organisationnels ou comptables (Sloan), ils doivent aussi s'appuyer sur les motivations des travailleurs (Drucker, Gélinier).

 

Le principe de maximisation a servi de base au concept de "centre de profit" (Sloan) à partir des sections autonomes.

 

Il conduit à l'élaboration d'unités autonomes disposant chacune de son équipement, de son organigramme "Line" et de son support "Staff".

La structure comptable décentralisée permet une évaluation des centres de coût.

 

Le principe de décentralisation

 

Le postulat de maximisation du profit implique la décentralisation des responsabilités vers le bas et la départementalisation par produits (Drucker).

 

==> la prise de décision doit se situer au niveau le plus bas, compatible avec la collecte de toute l'information nécessaire et utilisable.

 

NB : "toute l'information nécessaire" ne peut être collectée de façon exhaustive, aussi comble-t-on cette lacune par le risque, qui doit être réduit par les connaissances acquises au cours d'un apprentissage.

 

Les gens doivent être formés au "risque", à la recherche et au maniement de l'information utile.

 

D'où la création de Centres de coût décentralisés, procédé efficace pour accroître la productivité et le moyen de donner au travailleur moderne le sens et la mesure de la finalité de son effort (André-Brunet).

 

L'éventail de subordination

 

Ce concept est un des pivots de l'Ecole Néo Classique.

 

 

Dès que la majeure partie de l'information décisionnelle n'a plus à remonter l'organigramme, un notable allégement des communications peut être réalisé, avec pour conséquences :

 

- le chef, déchargé de toute supervision technique détaillée peut embrasser, d'un seul coup d'oeil, des activités hétérogènes,

 

- le "span" est élargi et la structure peut être étalée,

(==> décentralisation)

 

- le chef hiérarchique peut se consacrer à sa véritable mission, qui est d'élaborer les objectifs et de prévoir les aléas.

 

La Direction par objectifs

 

L'entreprise étant divisée en centres autonomes, il convient d'assurer cette autonomie réelle, en laissant libres les responsables de toutes les décisions qui relèvent de leur compétence.

 

Cette liberté nécessite :

 

- un accroissement du sens des responsabilités des cadres,

- un renforcement notable des liens d'intégration (sans lesquels l'organigramme se dissoudrait dans l'anarchie).

 

Les nécessités de l'intégration conduisent à une distinction des objectifs principaux et secondaires.

 

Les objectifs secondaires concernent les centres autonomes.

 

Les objectifs principaux déterminent les différentes structures de base, ainsi que leur charte commune.

 

Intégrer, c'est faire reconnaître les objectifs principaux dictés par l'intérêt général et faire accepter l'arbitrage permanent des échelons hiérarchiques élevés, qui seuls possèdent une vue d'ensemble suffisante pour élaborer les objectifs principaux.

 

L'organigramme se rapproche donc d'un emboîtage complexe de responsabilités.

 

La combinaison du principe de décentralisation et la hiérarchisation d'objectifs clairement définis créent un "style de commandement" original.

 

La forme du management qui en résulte est nommée Direction par Objectif -DPO (O. Gélinier) ou quelquefois Direction Participative par Objectif -DPPO.

 

Le contrôle, l'auto-contrôle et le principe d'exception

 

La décentralisation des responsabilités peut conduire au désordre en l'absence d'un contrôle suffisant.

 

Les notions d'autonomie et de contrôle peuvent sembler à priori contradictoires.

 

Il est cependant possible d'imaginer un mode de contrôle compatible avec l'indépendance des unités décentralisées.

 

==> les unités décentralisés doivent assumer elles-mêmes, en accord avec les échelons supérieurs, le contrôle de la réalisation des objectifs.

 

Tant que ceux-ci sont atteints, les instances supérieures doivent se garder d'intervenir dans les "affaires internes" de l'unité autonome.

 

En cas d'exception (résultats anormaux, incapacité temporaire du chef d'unité, ...), l'intervention viendra du haut.

 

Il ne s'agit pas de direction par auto-contrôle (l'agent se contrôlant lui même = zéro défaut) ni de direction par exception au sens de l'Ecole Classique (= les tâches routinières sont confiées aux subalternes...).

 

Dans la doctrine néo classique, la répartition des décisions se fait par degré d'étendue spatio-temporelle, les échelons supérieurs se chargeant des décisions relatives à des secteurs d'autant plus larges de l'entreprise, et à un avenir d'autant plus lointain que l'on s'élève dans la pyramide hiérarchique ; l'intervention dans les tâches d'un niveau inférieur étant exceptionnelle.

 

La compétitivité et la motivation

 

Dans l'Ecole Classique, les motivations étaient limitées à :

 

- la peur des sanctions,

- l'appât du gain,

- la sécurité d'emploi, ...

 

L'Ecole des RH a ajouté le besoin d'intégration au groupe et la cohésion sociale.

 

L'un des mérites des néoclassiques est d'insister sur les besoins positifs, pour inciter l'individu et le groupe au dépassement (Drucker, Gélinier).

 

Drucker montre qu'une fois les besoins d'entretien satisfaits, les principales motivations qui peuvent pousser l'homme à améliorer son travail sont :

 

- l'intérêt qu'il lui porte,

- le droit d'étendre sans cesse le champ de ses responsabilités.

 

La création de ces motivations exige :

 

- la participation du travailleur à la définition des tâches qui lui sont imparties,

- un objectif clairement défini et un travail intéressant,

- une mesure objective des résultats, qui permette d'apprécier les efforts individuels et de susciter un esprit de compétitivité,

- la mise en oeuvre de moyens susceptibles de développer les initiatives couronnées de succès,

- une promotion proportionnelle aux succès obtenus sans barèmes dégressifs (!),

- des sanctions en cas d'échec, avec toutefois une certaine tolérance (droit à l'erreur)

 

Les deux grandes motivations positives sont donc :

- l'intérêt personnel accordé à un travail dont on est responsable,

- l'ambition et le besoin d'accomplissement

 

Les motivations négatives :

- la crainte de l'échec,

- l'angoisse consécutive à la compétition.

 

La DPO, qui s'inspire de ces motivations, met l'entreprise "sous tension".

 

L'esprit de lutte individuelle risque de l'emporter sur l'esprit de groupe.

L'entretien de bonnes relations sociales prévient l'autodestruction du groupe.

 

Vers l'extérieur, l'entreprise gagne à ce style de direction "agressivité", mordant et dynamisme très caractéristiques.

 

La critique de l'Ecole Néo Classique

 

- Aucune autre école n'a obtenu les résultats de l'Ecole Néo Classique sur le plan de l'efficacité individuelle.

- Elle est fortement empreinte de morale, d'une conception sociale typiquement américaine, qui exalte les qualités d'ambition individuelle, d'esprit de groupe, exclusivement fondée sur les résultats.

 

==> ces qualités favorisent l'adaptation de l'entreprise à un environnement changeant et fortement compétitif.

 

- La compétitivité des grandes entreprises, parvenues à un stade avancé de développement, échappe aux concepts des théories néoclassiques (Drucker) ==> d'où le besoin de la Théorie des Systèmes.

 

- L'étude des cas ("simulateur de vol"), moyen d'apprendre de l'Ecole Néo Classique, convient pour l'apprentissage d'un engin dont les séquences opérationnelles sont stabilisées, mais ne saurait susciter le moindre progrès dans l'amélioration d'un prototype (Forrester).

 

- Le "langage courant" et le "bon sens" ne suffisent plus pour avancer dans la connaissance des organisations.

 

- Enfin, on peut noter les déboires qu'entraîne l'application rigoureuse et exclusive du principe de maximisation du profit ainsi que les conséquences du régime de tension constante, imprimée à l'entreprise, comme l'usure prématurée des facultés créatrices et des forces physiques et morales.

 

Tableau des Postulats et Principes

 

 

 

 

Postulats

 

 

Principes

 

Conséquences sur

 

Le profit est un facteur essentiel de survie et de développement de l'entreprise.

 

 

La prise de décision doit se situer aussi près que possible du lieu d'action.

 

 

 

 

 

Il faut faire coïncider les objectifs de l'homme et les objectifs de l'entreprise et donc s'appuyer sur ses motivations positives.

 

 

 

 

 

- maximisation du profit

 

 

 

 

 

- décentralisation des responsabilités et des décisions

 

 

 

 

 

 

- DPO et DPPO

 

- élargissement de l'éventail de subordination

 

- contrôle par exception et auto-contrôle des unités autonomes

 

- motivation par la compétitivité.

 

·Les structures :

 

- par centres autonomes de profit ;

- départementalisation par produits ;

- plates.

 

·Les hommes :

 

- formation au niveau de base pour réduire les risques inhérents à la prise de décision ;

- mesure objective des résultats ;

- système de récompense (promotion), sanction (avec droit à l'erreur) ;

- contrôle par les résultats (ratios, analyse des écarts, exception).

 

·Les objectifs :

 

- définition claire ;

- hiérarchisation (objectifs principaux et secondaires).

 

 

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