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Les secrets scientifiques des œuvres d’art

6 mai 2020

Les secrets scientifiques des œuvres d’art Ce n'est peut-être pas la première chose qui nous vient à l'esprit lorsque l'on visite un musée, une galerie d’art ou un laboratoire scientifique. Sauf bien sûr si c’est un musée de science, comme le Musée des arts et métiers et la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, ou Le Vaisseau à Strasbourg.

Dali Corpus Hypercubus © 1999 Artists Rights Society (ARS), New York, VEGAP, MadridLes secrets scientifiques des œuvres d’art Ce n'est peut-être pas la première chose qui nous vient à l'esprit lorsque l'on visite un musée, une galerie d’art ou un laboratoire scientifique. Sauf bien sûr si c’est un musée de science, comme le Musée des arts et métiers et la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, ou Le Vaisseau à Strasbourg. Ou, comme c’est de plus en plus souvent le cas, s’il s’agit d’une collaboration, notamment sous la forme de résidences d’artiste ou de colloques académiques, entre deux mondes que tout semble opposer, l’un étant lié à la raison, au réel et à l’objectivité, l’autre à l’imagination, à l'abstrait et à la subjectivité. Au-delà de ces événements, parfois simples prétextes, il existe pourtant des liens profonds entre art et science ne serait-ce que parce que les deux sujets partagent certaines de leurs fonctions sociétales : émerveiller, faire découvrir, aiguiser la curiosité, percer un mystère... Un premier point de convergence qui rejoint les mots de Saint-John Perse, lorsqu’il conviait celles et ceux participant à son discours de réception du Prix Nobel de littérature à ne plus considérer comme des frères ennemis le savant et le poète.

Le premier lien, l’un des plus évidents, est sans aucun doute la représentation de la science ou des chercheurs dans l’art. Ce sont en effet deux sujets qui peuplent les musées en offrant une fenêtre ouverte sur le monde scientifique et ses acteurs comme sur l’intérêt des artistes pour ces thématiques. C’est par exemple le cas du célèbre portrait officiel de Louis Pasteur, peint en 1885 par Albert Edelfelt. Un tableau dans lequel, fasciné par les recherches et la personnalité du scientifique, celui qui deviendra l’un des portraitistes les plus reconnus de son temps, reproduit avec une extrême précision les instruments et expériences du laboratoire de chimie physiologique. Ce sont aussi les parcours urbains et les expositions in-situ du pochoiriste

Christian Guémy, comme E=mC215, les photographies de Marie-Hélène Le Ny, qui inscrit sa démarche artistique dans une esthétique de la rencontre et de l’échange, sur les femmes de science, ou les emblématiques portraits d’un astronome et d’un géographe de Johannes Vermer.

Outre leur sujet, deux scientifiques de leur époque pris sur le vif dans leur cabinet de travail, l’un la main posée sur un globe céleste et l’autre tenant un compas, ces deux tableaux nous proposent à voir un autre lien, peut-être moins visible au premier regard. Pourtant, c’est bien l’invention de la peinture à l’huile qui a permis au peintre de réaliser ses chefs-d’œuvre.

Sans être exhaustif, il existe un troisième lien, qui est certainement le moins connu et pourtant le plus intime, puisqu’il se noue principalement dans les coulisses des réserves. Conservation, étude et restauration des collections, si elles demeurent le plus souvent invisibles aux yeux du public, sont pourtant essentielles pour mieux connaître notre patrimoine artistique et le valoriser. Des opérations qui pour beaucoup s’appuient sur la science et les nouvelles technologies !

Pour approfondir ce tour d’horizon des secrets scientifiques des œuvres d’art, le Musée des arts et métiers avait invité Loïc Mangin, rédacteur en chef adjoint du magazine Pour la Science.

Ariane Batou-To Van & Yvan Boude

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