RETOURS D’EXPERIENCES - témoignage 5/6

Paroles de diplômé « Au Cnam, il n’y a pas d’âge pour devenir ingénieur·e »

Guy ingénieur par la FC

2 mai 2019

Les témoignages de nos ingénieur·e·s se succèdent mais ne se ressemblent pas. Au-delà des singularités qui s’expriment, des domaines d’expertise qui se découvrent, des âges se révèlent. Vingtaine, quarantaine et aujourd’hui, Guy, ingénieur dans la spécialité systèmes électriques, diplômé depuis quelques mois, nous dévoile son parcours dans la fraîcheur de ses 72 printemps.

Guy ingénieur par la FCGuy, 72 ans, a obtenu en juin dernier, après une longue et riche carrière professionnelle en entreprise, une retraite prise en 2001, et aujourd’hui en poste d’adjoint au Maire de la ville d’Ollioules, son diplôme d’ingénieur·e dans la spécialité systèmes électriques. Brandissant son parchemin comme un étendard, il nous déclare d’emblée « Quel bonheur d’obtenir un diplôme tant convoité, de vivre sa passion. C’est génial ! ».

Du CAP en menuiserie au titre d’ingénieur Cnam

Pour Guy, le chemin de la formation tout au long de la vie commence avec l’obtention d’un CAP en menuiserie en 1963. Obtenant ensuite un baccalauréat en Électrotechnique mais sans pouvoir à l’époque poursuivre ses études pour atteindre un niveau BAC+2, Guy part au service militaire.

A son retour, en 1969, il débute sa carrière professionnelle au sein du bureau d’études d’une filiale des Constructions navales industrielles de la méditerranée (CNIM). Au sein de son entreprise, durant plus de 16 ans, Guy œuvre pour les chantiers navals en menant des études sur la réalisation des pupitres de commande des asservissements, et celle des tableaux de distribution d’énergie électrique des bateaux.

En 1981, lors d’un déplacement professionnel à la Direction des constructions et armes navales (DCAN) pour étudier la distribution électrique des frégates de la marine, Guy prend la décision de reprendre des études pour approfondir ses connaissances et par goût du savoir.

Il s’inscrit en 1982 dans un grand centre de formation à distance pour une remise à niveau en visant l’obtention d’un BTS en électricité. L’envoi des cours et des devoirs à rendre tous les 15 jours, sans l’accompagnement présentiel des formateurs ne lui convient cependant pas. Au bout de trois ans, contraint de plus par de nombreux déplacements professionnels, il abandonne cette formation et, pour quelques années, les études.

Puis en 1992, toujours avec le désir de se former, il fait une belle rencontre : celle du Cnam ! C’est grâce à ses plus proches collègues devenus ingénieur·e·s par la voie de la formation continue en suivant des cours au sein de notre institution, que Guy remet le pied à l’étrier. Il fait alors de la formation son cheval de bataille et ne quitte plus le Cnam, qu’il fréquentera pendant plus de 16 ans.

Au Cnam, Guy commence par faire une remise à niveau en mathématiques puis en physique pour rattraper un niveau BAC. Enthousiasmé par ce premier contact avec le Conservatoire, il se laisse happer par l’institution et son enseignement. Guy continue donc sur sa lancée et l’année suivante, il obtient sa première unité d’enseignement (UE) en électricité industrielle ; une unité déterminante pour la suite de son parcours, précise-il. C’est en effet grâce à cette première « brique » constitutive de son cursus d’ingénieur·e en électrotechnique - comprenant au total dix-sept UE - que Guy s’engage à devenir ingénieur. Il nous déclare « cela a été le début de mon infaillible détermination et de mon épanouissement »

Durant les années 1990, au sein de divers cabinets d’études du groupe SNEF, Guy va construire son parcours lentement mais sûrement, avec persévérance ; il valide chaque année en moyenne deux à trois unités d’enseignement (UE). Guy suit la majorité des UE constitutives de son titre en cours du soir, après ses journées de travail, et quelques-unes les samedis matin : « super pratique », nous dit-il. Et puis Guy ajoute qu’en raison des spécificités de son cursus il s’est formé dans quatre lieux d’enseignement du Cnam dans un rayon de 80 km autour de chez lui, sillonnant la Provence entre Aix en Provence, Toulon et Marseille.

Grâce à sa reprise d’études et à sa montée en compétence dans son domaine d’expertise, il bénéficie en 1996 d’une promotion interne au sein de son entreprise. De projeteur en équipement électrique, il accède à la fonction d’ingénieur·e - sans en avoir pourtant le titre -.

A ce poste, qu’il occupera pendant les six dernières années de son activité salariale, jusqu’à sa mise en retraite en 2001, il gère des projets de plus grande ampleur ; il a la responsabilité d’études techniques en systèmes électriques - force-motrices en offshore sur des chantiers nationaux et internationaux - et pilote des projets industriels pour la création de mini-centrales hydro-électriques.

Atteindre ses objectifs sans faillir

Ne plus être salarié ne dissuade pas Guy pour autant de poursuivre son objectif et sa formation d’ingénieur·e. Il poursuit son bonhomme de chemin en capitalisant les UE petit à petit, obtenant, pas peu fier, la dernière UE en 2008.

En ayant obtenu toutes les UE, Guy n’est cependant pas au bout de son rêve. Il doit encore rédiger son mémoire, indispensable à l’obtention du titre d’ingénieur·e. Et pour ce faire il doit effectuer un stage en entreprise.

Pas si facile, nous confie-t-il, de trouver une société et une mission à la hauteur de son ambition. Mais Guy, opiniâtre, trouve un stage à la société du Canal de Provence. En qualité de stagiaire et à raison de deux jours par semaine (étant élu par ailleurs, rappelons-le), il travaille au projet de réalisation d’une mini-centrale hydro-électrique qui servira par ailleurs de guide à la création d’autres mini-centrales du même type. A l’issue de son stage, il rend compte de son travail d’ingénieur·e dans un mémoire qu’il rédige en 2017 / 2018. Il soutient son mémoire en juin 2018, obtenant la note de 16/20 avec la mention Très Bien et les félicitations du jury.

Les clés de la réussite

En exprimant sa joie d’être aujourd’hui ingénieur diplômé, Guy témoigne sa gratitude envers l’institution Cnam : « La modalité des cours dispensés hors temps de travail a été déterminante pour ma reprise d’étude. Cela m’a permis de suivre les cours après ma journée de travail et de faire évoluer mes connaissances. OUI, la formation HTT est idéale ! ».

Dans les remerciements qu’il exprime, nous entendons aussi ceux destinés à tous les enseignant·e·s-chercheur·euse·s pour « toujours avoir été à l’écoute (et avec moi, ils ont eu énormément de travail !) et avoir pu répondre à toutes mes questions instantanément, ce qui m’a aidé à assimiler les cours et a contribué sans nul doute à ma réussite. »

En saluant la très grande qualité des enseignements, il nous dit que cela lui a permis de rester passionné pendant toutes ses années de formation et de nourrir aujourd’hui des projets d’avenir.

« Étant passionné par l’électricité, je réfléchis aujourd’hui à compléter mon mémoire en me penchant sur les questions de puissances hydroélectriques plus importantes. »

Quelques conseils hardis

« Ce que je peux conseiller vivement aux futurs ingénieur·e·s, c’est avant tout d’être tenaces et très déterminé·e·s : Ne vous laissez jamais gagner par le doute pour parvenir à vos fins, ne vous découragez pas, malgré les difficultés rencontrées.

Gardez bien votre objectif en tête, ne le perdez jamais de vue ! Pour moi, l’objectif a été d’obtenir les UE à tout prix. J’y suis parvenu progressivement en restant toujours passionné et motivé.

Quel que soit votre âge, il n’y a pas de limite pour devenir ingénieur·e d’une grande école ; le Cnam vous en donne l’opportunité, c’est une chance extraordinaire. Et souvenez-vous que les grandes entreprises sont toujours à la recherche d’ingénieur·e·s Cnam » !