La convention de partenariat ATD Quart Monde/Cnam/CNRS (Ceraps et Gis Démocratie et participation)

L’espace collaboratif s’inscrit dans la suite de l’ « Appel au développement de recherches participatives en croisement des savoirs » lancé au Cnam en juin 2016 et du colloque « Croiser les savoirs avec tou.te.s » organisé au CNRS le 1er mars 2017. 

En savoir plus +Appel pour le développement des recherches participatives en croisement des savoirs 

Les partenaires fondateurs de cet espace, signataire d’une convention en 2019, sont :

L'espace collaboratif « Croiser les savoirs avec tou.te.s »

L'espace collaboratif « Croiser les savoirs avec tou.te.s » a pour finalité la reconnaissance du savoir issu de l’expérience de la pauvreté. Il se fonde sur le postulat que la production des connaissances utiles à la lutte contre la pauvreté passe par la co-construction entre le savoir d’expérience de vie et les savoirs venant d’autres sources (l’action, la recherche académique, la politique...), ainsi que par le croisement des différentes interprétations et analyses.

Il s’agit d’élaborer ce que nous proposons d'appeler, en écho des épistémologies féministes et postcolonialistes, une « épistémologie post-pauvreté » : un ensemble de pratiques et de réflexions qui vise à la fois à produire des connaissances nouvelles et lutter contre la pauvreté en mettant fin aux injustices épistémiques qui renforcent les autres injustices vécues par les personnes en situation de pauvreté.

Objectifs

  • Approfondir les questions épistémologiques, éthiques et méthodologiques que soulèvent les recherches participatives en croisement des savoirs avec des personnes en situation de pauvreté ;
  • Questionner jusqu’à supprimer la hiérarchie entre les différents savoirs, en interrogeant les critères de validation et de légitimité des savoirs, dans la lignée des épistémologies radicales ;
  • Soutenir la production et la diffusion de recherches qui font entrer en dialogue, à toutes les phases, ces différents savoirs, en France et à l’international ;
  • Faire reconnaître et valider les nouveaux savoirs qui sont issus de telles recherches et les capitaliser ;
  • Contribuer à l'émancipation de tou.te.s.

Principes

  • La production de l'espace collaboratif comprend un travail réflexif sur l'éthique et la pratique de la démarche, y compris sur les questions de pouvoir qu’elle soulève ;
  • La production de l'espace collaboratif se fonde sur une construction autonome des différents types de savoirs, une réciprocité dans les échanges et une co-construction d'un savoir hybride ;
  • Les groupes de pairs entre des personnes ayant des expériences proches assurent la liberté de parole à chacun.e, et permet la construction d’un savoir collectif.
  • Le soutien des personnes en situation de pauvreté par une association militante de lutte contre la pauvreté permet de mettre en place de meilleures conditions d'élaboration d'un savoir autonome, communicable et construit dans le temps.

Mise en oeuvre

L’espace collaboratif est constitué de chercheur.euse.s académiques, de praticien.ne.s, de personnes en situation de pauvreté soutenues par une association. Il est organisé en groupes de pairs, qui permettent à chacun.e de formaliser et de partager librement et en sécurité avec ses pairs ses expériences, ses connaissances et ses questions, afin d'élaborer un savoir, un cadre d’interprétation et un questionnement propres à son groupe, avant de le confronter à celui des autres groupes.

Le travail en groupes de pairs se fait selon une temporalité et un calendrier propres à chacun des groupes. Il sert de base au croisement des savoirs qui a lieu lors de deux journées de regroupement par an.

Les participant.e.s s'engagent à participer aux travaux de l'espace collaboratif dans la durée, jusqu'à leur terme prévu fin 2022.

Un comité de pilotage, composé de représentant.e.s des différents partenaires, détermine le contenu et la pédagogie de chaque journée à partir de ce qui s’est passé les journées précédentes et des évaluations faites par les participant.e.s.

Ses productions

Toutes les journées de l'espace collaboratif donnent lieu à des comptes rendus avec les productions de la journée : recherches présentées, analyses et confrontations, en précisant la méthode utilisée.

La synthèse des productions de cet espace donnera lieu à un colloque fin 2022 et à la publication d'un ouvrage.

Les signataires de la convention

Le Ceraps est un laboratoire précurseur et novateur dans un ensemble de thématiques fortes (études des organisations partisanes, démocratie participative, sociologie des mobilisations). Il soutient plusieurs collectifs de recherche dont l’objet est directement lié à ses axes de recherche et notamment le Groupement d’Intérêt Scientifique « Démocratie et Participation », créé en 2019 par le CNRS.

En savoir plus +Le site Internet du Ceraps

Le Gis Démocratie et participation mobilise une large communauté pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales pour mettre en réseau les travaux sur la démocratie participative et déployer pleinement le domaine des études de la participation du public en démocratie, en le dotant des structures d’animation et de diffusion de la recherche.

En savoir plus +Le site internet du Gis Démocratie et participation

Le Cnam est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel, ayant lestatut de grand établissement au sens de l’article L. 717-1 du Code de l’éducation. Il a pour
principales missions la formation professionnelle supérieure des personnes engagées dans la vieactive, l’organisation d’enseignements de formations initiales notamment par l’apprentissage,l’ingénierie de formation professionnelle, le conseil et l’expertise, la recherche, la diffusion de laculture et de l’information scientifique et technique, la conservation et l’enrichissement du patrimoine qui contribue à l’histoire des sciences et des techniques.

En savoir plus +Le site internet du Cnam

Le Mouvement ATD Quart Monde est une organisation non gouvernementale, dont le but est l'éradication de l'extrême pauvreté. Pour ce faire, il prend en compte l’expérience et la pensée despersonnes en situation de grande pauvreté comme source non seulement de la lutte contre la misère,mais aussi d’un processus émancipateur pour la société toute entière. Dans la suite des UniversitésPopulaires Quart Monde nées en 1972 a été mené au cours des années 1996-2001 un programme expérimental de « croisement des savoirs et des pratiques » auquel participaient des personnesvivant ou ayant vécu la pauvreté, des universitaires, des professionnels de l'intervention sociale. LeRéseau Wresinski Participation, Croisement des Savoirs est né de ce programme ; il réunit etsoutient tous ceux (professionnels, universitaires, militants associatifs) qui pratiquent et se formentà cette démarche selon la charte du «croisement des savoirs et des pratiques». r

En savoir plus +Le site internet d'ATD Quart Monde

Comité de pilotage

  • Elisabetta Bucolo (Cnam)
  • Marcel Jaeger (Cnam)
  • Marianne de Laat (ATD Quart Monde)
  • Jean Toussaint (ATD Quart Monde)
  • Bruno Tardieu (ATD Quart Monde)
  • Marion Carrel (GIS Démocratie et Participation / Univ. Lille)
  • Julien Talpin (GIS Démocratie et Participation / Ceraps)
  • Catherine Neveu (GIS Démocratie et Participation / Ehess)
  • Vincent Divoux, Fédération des Centres Sociaux

Équipe pédagogique

  • Elisabetta Bucolo (Cnam)
  • Marianne de Laat (ATD Quart Monde)
  • Jean Toussaint (ATD Quart Monde)
  • Bruno Tardieu (ATD Quart Monde)
  • Sophie Boyer (ATD Quart Monde)
  • Marion Carrel (GIS Démocratie et Participation / Univ. Lille)
  • Clémence Puel (Doctorante et chargée de mission au Collège Coopératif de Bretagne)
  • Elsa Piou (association Faire ESS - Économie sociale et solidaire)
  • Noëllie Greveldinger (Conseil départemental des Pyrénées-Orientales - CD66)