Excellence scientifique

Une chercheuse du Cnam remporte le prix de thèse 2021 du Gis Institut du genre

4 novembre 2021
24 novembre 2021

Elsa Boulet est chercheuse post-doctorante au Lirsa et au CEET du Cnam. Elle vient d'être récompensée pour sa thèse en sociologie portant sur les « Espaces et temps de la « production d’enfants ». Sociologie des grossesses ordinaires ». Thèse dirigée par Christine Détrez et Marc Bessin et soutenue le 18 juin 2020 à l’Université Lyon 2 Lumière.

Elsa Boulet

Elsa Boulet est chercheuse post-doctorante au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et au Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l'action (Lirsa).

Ses thématiques de recherche sont la santé, la médecine, la conciliation travail-famille, l'organisation du travail.

Actuellement, et après avoir participé à une étude pluridisciplinaire sur les soins médicaux en EHPAD (Lirsa/CEET, sur un financement de l'Agence régionale de santé Île-de-France, 2020-2021), elle mène une recherche sur l'articulation entre vie de famille et emploi auprès de salarié.e.s d'EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Cette étude est menée en collaboration avec trois EHPAD d'Île-de-France.`

en savoir plusEn savoir plus (CV, page Hypothèses, etc.)

Sa thèse

« Espaces et temps de la « production d’enfants ». Sociologie des grossesses ordinaires »

Cette thèse propose de problématiser la grossesse comme un travail des femmes encadré par des institutions et façonné par les rapports sociaux de genre, de classe, et de race. L’analyse est basée sur une enquête par entretiens auprès de femmes enceintes et de leurs conjoints, et par observations dans deux maternités hospitalières (Île-de-France, 2014-2017). Cette thèse montre que la survenue des grossesses est encadrée par une norme conjugale, qui se décline selon des scripts conjugaux ; elle souligne également que le « bon moment » (la norme procréative) pour avoir un enfant varie selon les trajectoires et les positions sociales des femmes et de leurs conjoints. Elle interroge la manière dont l’encadrement étatique et médical des grossesses définit une temporalité spécifique de la gestation et met les femmes enceintes au travail de patiente. Le soin s’étend à l’espace et au temps domestiques dans la mesure où les femmes enceintes sont incitées à modifier leur vie quotidienne pour prévenir les risques. La division genrée du travail ménager et parental n’est modifiée que marginalement à l’occasion de la grossesse, tandis que la préparation de l’accueil d’un nouveau-né s’ajoute pour les femmes aux tâches habituelles. Dans l’espace du travail salarié, les grossesses apparaissent comme clandestines, à la fois illégitimes et ignorées. Elles jouent un rôle de révélateur vis-à-vis du salariat, en mettant en lumière l’extension du temps de travail, la pénibilité et les risques professionnels.

Le Gis Institut du genre

Fondé en 2012 à l’initiative de l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS, l’Institut du Genre est un Groupement d’intérêt scientifique (GIS) qui réunit 30 partenaires institutionnels dont le Cnam.

Il est hébergé par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord.

S’appuyant sur des UMR et des équipes explicitement engagées dans la recherche sur le genre, il constitue un lieu de coordination, de référence et d’accueil scientifique des recherches françaises sur le genre et les sexualités.

L’Institut du Genre a vocation :

  • à contribuer à la reconnaissance scientifique et à l’extension géographique de ces recherches en France
  • à donner, à la faveur de diverses actions de soutien, une visibilité internationale aux recherches menées en français dans ce domaine
  • à favoriser l’émergence de nouvelles formes de collaboration scientifique, y compris avec des partenaires étrangers
  • à encourager les recherches interdisciplinaires ou transversales à périmètres multiples, à l’intérieur des SHS mais aussi entre les SHS et les autres domaines scientifiques.

en savoir plusLe site web du Gis Institut du genre