Le courage du passé et l'audace de l'avenir

L’abbé Grégoire et le patrimoine

Abbé Henri Grégoire, fondateur du Conservatoire

11 octobre 2007

  • Paris Saint-Martin/Conté
Amphi Abbé Grégoire (C), 292 rue Saint-Martin, Paris IIIe
Contact
Mireille Cahuzac
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La notion de patrimoine fait corps avec la pensée et l’action de l’Abbé Grégoire, ne serait-ce qu’en raison de sa corrélation avec le terme de vandalisme. Le choix de ce néologisme, forgé par l’évêque-député, en vue de combattre les déprédations, destructions et «massacres monumentaires», perpétrés durant la période la plus sombre de la Révolution, se voulait déjà une arme de combat: «Je créai le mot pour tuer la chose».
Colloque sur l'Abbé Grégoire Son action dans ce domaine comporte deux volets distincts : la défense du patrimoine existant et la création d’un nouveau patrimoine.
  • La première entreprise englobe et protège toutes les productions de l’esprit humain, non seulement les beaux-arts : musique, architecture, sculpture ou peinture (il fut à l’origine de la fondation du Louvre) ; mais aussi les inventions techniques, pour lesquelles il réalisera le musée du Cnam ; ou encore les trésors lingustiques des parlers provinciaux et de la langue nationale qu’il voudra mettre à l’abri dans une future grande bibliothèque.
     
  • La deuxième démarche apparaît davantage tournée vers l’avenir. Elle présente des intuitions intéressantes sur l’architecture urbaine, les voies de communication, insiste sur l’urgence d’élever, un peu partout, des monuments, dont la perfection esthétique, le rôle pédagogique et l’idéal moral contribueront à l’éducation des foules. Les vêtements, la coiffure, les menus objets de la vie quotidienne ne sauraient échapper à la nécessité de cette rénovation profonde. C’est donc une vision très ample et moderne du patrimoine que nous offre la pensée de Grégoire. Elle s’impose, de nos jours encore, comme un antidote efficace, face aux résurgences, toujours à craindre, de la barbarie, et comme le stimulant le plus dynamique des innovations futures.
Organisateur : Jean-Pierre Schmitt, professeur honoraire du Cnam.
Modérateur : Pierre Caspar, professeur émérite du Cnam.

PROGRAMME
  • 9h : Accueil
    Laurence Paye-Jeanneney, administratrice générale du Cnam
  • 9h15 : Introduction
    Jean-Pierre Schmitt, professeur honoraire du Cnam
  • 9h30 : Le patrimoine aux yeux de Grégoire : une idée et un combat politiques
    Rita Hermon-Belot, maître de conférences, responsable des cercles de formation de l'EHESS, auteur de «L'Abbé Grégoire, la politique et la vérité», Le Seuil, 2000
  • 10h20 : Les territoires de l’Abbé Grégoire
    Michel Cantal-Dupart, professeur titulaire de la chaire d’Urbanisme et environnement, président de la commission de la diffusion de la culture scientifique et technique du Cnam
  • 11h30 : Grégoire et les bibliothèques
    Valérie Murger, conservateur de la Bibliothèque de Port-Royal
     
  • 13h50 : L’Abbé Grégoire et le patrimoine technique - héritages et ambitions
    Alain Mercier, chargé de collections et responsable de politique éditoriale, Musée des arts et métiers, Cnam, auteur de «1794, l’Abbé Grégoire et la création du Conservatoire national des arts et métiers».
  • 14h40 : L’Abbé Grégoire et la diffusion du patrimoine linguistique
    Jean Dubray, professeur à l’Ecole supérieure de théologie catholique, auteur d’une thèse sur «Les fondements anthropologiques et l’art social dans l’oeuvre de l’Abbé Grégoire»
  • 15h50 : Conclusion
    Josyane Boulad-Ayoub, professeur titulaire de la chaire de Philosophie politique de l'Unesco et de Philosophie du droit de l'Université du Québec, Montréal,
    auteur de «L'Abbé Grégoire, apologète de la République», Honoré Champion, 2005
  • 16h50 : Débat final
  • 17h30 : Fin du colloque