Chimie Vivant Santé
Au cœur des thématiques de formation
Le Cnam propose 750 parcours de formation scientifiques, techniques et tertiaires, du niveau technicien au niveau ingénieur et doctorat. 20 centres en région et plus de 230 lieux d’enseignement répartis en France métropolitaine, ultramarine et à l’étranger répondent aux besoins des auditeurs et des territoires. Les thématiques enseignées sont tout aussi riches : de la mécanique à la sociologie, de la géomatique à la création d'entreprises et d'activités, pour ne citer qu’elles. Plongez dans un univers où formation rime avec passion
Les thématiques enseignées sont tout aussi riches : de la mécanique à la sociologie, de la géomatique à la création d'entreprises et d'activités, pour ne citer qu’elles. Plongez dans un univers où formation rime avec passion.
Cette semaine, nous vous proposons de découvrir les thématiques dispensées par l’équipe pédagogique nationale (EPN) Chimie Vivant Santé. Ce domaine regroupe des diplômes et des unités d’enseignement diversifiés, propres à former des experts de terrain.
Vous dirigez l'équipe pédagogique nationale Chimie Vivant Santé du Cnam. Celle-ci, sous ce terme générique, renferme bien des réalités : pourriez-vous les évoquer pour nous ?
Le département EPN Chimie Vivant Santé rassemble un champ large de compétences répondant aux secteurs industriels qui couvrent les industries agroalimentaires, les biotechnologies, les industries chimiques, cosmétiques et pharmaceutiques ainsi que les activités de contrôle : hygiène, santé et sécurité au travail, traçabilité et sécurité alimentaire.
Notre équipe est composée de neuf spécialités : Chimie et formulation pharmaceutique et cosmétique; Génie biologique ; Industries agroalimentaires; Risque santé sécurité ; Chimie générale ; Bioinformatique ; Analyse chimique et bioanalyse ; Santé et développement (santé publique et épidémiologie) ; enfin, un pôle agroalimentaire localisé à Ploufragan en Bretagne.
Le département EPN Chimie Vivant Santé porte de nombreuses formations dans les champs disciplinaires de la chimie, des biotechnologies, de l’agroalimentaire, de la pharmacie, de la santé et de l’analyse : plusieurs diplômes d’ingénieur en cours du soir ou en alternance, un mastère spécialisé de santé publique accrédité par la Conférence des grandes écoles, plusieurs parcours de licence générale Sciences technologies santé, de nombreuses licences professionnelles, des certifications de niveau 5 et 7 inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), un diplôme de niveau bac+1, plusieurs diplômes d’établissement ainsi que de nombreux certificats d’établissement (professionnels, de compétence ou de spécialisation). Les diplômes portés par le département ont été découpés en blocs de compétences, dont de nombreux sont désormais éligibles via le compte personnel de formation (CPF) et commercialisés via l’application EDOF-CPF. De nombreuses formations du département Chimie Vivant Santé sont déployées dans les centres Cnam en région, certaines sont même proposées à l’international dans le cadre de conventions de partenariat.
Le Cnam est reconnu pour concilier enseignements théoriques et pratiques, et ainsi coller au plus près des besoins de terrain. Comment opérez-vous dans votre équipe pour proposer des formations qui répondent aux besoins des entreprises ? Via quelles coopérations extérieures aussi ?
Pour répondre aux besoins des entreprises, le département Chimie Vivant Santé est impliquée dans de nombreux partenariats, que ce soit avec des entreprises, des institutions ou des branches professionnelles (chaire partenariale Malakoff Humanis, par exemple). De nouvelles formations sont proposées grâce à des échanges réguliers entre les enseignants-chercheurs du département et les responsables des ressources humaines et/ou des formations au sein de structures industrielles (dans les secteurs de la santé, de la pharmacie, de l’agroalimentaire, de la chimie ou des biotechnologies). Grâce aux PME implantées dans les territoires et avec l’expertise et la vision terrain des centres Cnam en région, des formations sont montées et déployées en adéquation avec les besoins industriels locaux.
Certains enseignants participent aussi à l’établissement de schémas directeurs départementaux de formation, dans la thématique qui est la leur. Ceci permet notamment de préparer le sourcing (identification et recrutement de candidats) et de stimuler l’attractivité pour les formations qui relèvent de la formation initiale. Sur sollicitation d’entreprises ou de services ministériels, et en partenariat avec Cnam Entreprises, des prestations de formation continue (physicochimie pour l’analyse, intelligence artificielle en santé, formation pratique aux flux continus, prévention des risques psychosociaux, par exemple) sont régulièrement assurées par les enseignants du département dans les locaux même des services demandeurs, en vue de la montée en compétences de leurs personnels.
Le monde évolue, les techniques aussi : quelles sont les innovations en cours ou à attendre dans les filières qui sont les vôtres ? Et quels cursus nouveaux sont susceptibles d'apparaître pour y répondre ?
Dans le domaine des biotechnologies, les techniques de génie biologique ont toujours été en constante évolution, en particulier en termes de miniaturisation, de microfluidique (science et technique des systèmes manipulant des fluides) et de bioinformatique. C’est la raison pour laquelle les cursus existants en génie biologique, et portés par le département Chimie Vivant Santé, intègrent déjà des enseignements d’analyse, de bioanalyse et de bioinformatique. Même s’il ne semble pas y avoir de grande révolution dans le domaine des techniques analytiques, de grands progrès sont observés dans celui du traitement des données. Les enseignements en analyse chimique et bioanalyse seront donc sans doute amenés à être revisités en intégrant du big data, de l’intelligence artificielle, du machine learning (apprentissage automatique par l’ordinateur lui-même) ainsi que l’automatisation du traitement de données. La bioinformatique, quant à elle, repose, d’une part, sur les progrès des technologies générant de la data en masse et, d’autre part, sur leur exploitation. Les enseignements correspondants ont donc dû évoluer en intégrant les derniers progrès technologiques (méthodes de high-throughput sequencing ou séquençage à haut débit ADN/ANR), mais aussi les dernières méthodes informatiques et statistiques d’exploitation des big data.
Les enseignements du Cnam doivent répondre aux changements tant organisationnels que générationnels du monde du travail. Ainsi, au sein du
Enfin, question plus large, comment voyez-vous l'évolution de la formation professionnelle à horizon 10 ou 20 ans ? Ce sera quoi, la formation de demain ? Ils seront comment, les élèves de demain ?
Si on retient les évolutions les plus récentes observées, même en période hors Covid-19, les formations professionnelles de demain devront être de plus en plus individualisées, courtes, flexibles, abordables et pertinentes, proposées à la carte et par blocs de compétences, principalement en distanciel, voire en modalité hybride, selon des modalités pédagogiques innovantes, motivantes et attractives.
Pour des apprenants parfois distants, de moins en moins disposés à la mobilité géographique, mais néanmoins de plus en plus connectés et désireux d’évoluer professionnellement, les formations devront s’appuyer sur des mises en situation simulées (réalités virtuelles ou augmentées, formations en metaverse - environnement virtuel dans lequel des personnes peuvent interagir entre elles avec leur propre avatar). Il s’agira souvent aussi de prodiguer des enseignements larges et pluridisciplinaires et de certifier l’acquisition de nouvelles compétences transverses, souvent dans des champs disciplinaires multiples, dans une approche transdisciplinaire (en mode résolution de problèmes). Ces formations devront intégrer les enjeux sociétaux et environnementaux. Dans une démarche d’action de formation en situation de travail (AFEST), ces formations devront être apportées au plus près des apprenants, jusque sur leur lieu de travail, la place du mentorat se retrouvant alors exacerbée.