École supérieure d’ingénieurs géomètres et topographes
Domaines Géomètre-Topographe
Au cœur des thématiques de formation
Le Cnam propose près de 700 parcours de formation scientifiques, techniques et tertiaires, du niveau technicien au niveau ingénieur et doctorat. 20 centres en région et plus de 230 lieux d’enseignement répartis en France métropolitaine, ultramarine et à l’étranger répondent aux besoins des auditeurs et des territoires. Les thématiques enseignées sont tout aussi riches: de la comptabilité à la psychologie du travail, de l’électronique aux systèmes d’information, du tourisme au développement durable, pour ne citer qu’elles.
Vous dirigez l’École supérieure d’ingénieurs géomètres et topographes du Cnam, basée au Mans. Comme son nom l'indique, vous y formez des géomètres et des topographes. On croit connaître ces métiers, mais les connaît-on vraiment? Pourriez-vous nous en parler?
Dans les débouchés de toutes nos formations, on retrouve notre très forte pluridisciplinarité. D’une part, des professionnels formés à l’acquisition des observations et au traitement des mesures qui permettent de représenter nos territoires (une région, un département, un terroir particulier, une propriété collective ou individuelle, une infrastructure routière ou ferroviaire, un ouvrage d’art, un bâtiment, etc.). D’autre part, ces mêmes professionnels qui maîtrisent les droits concernés par les aménagements de ces territoires, et qui sont capables de réaliser des opérations foncières aussi bien en zone rurale que dans de grands complexes immobiliers urbains. Enfin, à l’interface de ces deux premiers champs disciplinaires, nos étudiants sont formés à l’aménagement rural et urbain, à la prise en compte de l’environnement et à la gestion du territoire par l’informatique.
Ces métiers nommés dans le nom de notre école révèlent par conséquent des professionnels formés pour mesurer et aménager les territoires tout en prenant en compte les aspects juridiques et environnementaux du problème.
Le Cnam est reconnu pour concilier enseignements théoriques et pratiques, et ainsi s’approcher au plus près des besoins de terrain. Comment opérez-vous dans votre équipe pour proposer des formations qui répondent aux besoins des territoires? Via quelles coopérations extérieures, également?
La succession d'enseignements théoriques et pratiques constitue également notre méthodologie principale car les techniques de la mesure, ponctuelles, spatiales ou par imagerie 3D, ne peuvent être correctement appréhendées sans une mise en œuvre dans des travaux pratiques. Des projets opérationnels en aménagement, notamment à l’occasion d’un voyage d’études et d’ateliers d’urbanisme prennent place dans la deuxième année du cycle ingénieur et la première année du master Foncier.
Nos travaux pratiques essaient le plus souvent possible de s’inscrire dans la réalité des besoins actuels de nos partenaires. Par exemple, avec Le Mans Métropole au travers de projets de réhabilitation de quartiers ou encore avec le conseil départemental pour réaliser des visites virtuelles du patrimoine historique et architectural.
Le monde évolue, les techniques aussi : quelles sont les innovations en cours ou à attendre dans les filières qui sont les vôtres? Et quels cursus nouveaux sont susceptibles d'apparaître pour y répondre?
Enfin, question plus large, comment voyez-vous l'évolution de la formation professionnelle à horizon 10 ou 20 ans? Ce sera quoi, la formation de demain? Ils seront comment, les élèves de demain?
À l’ESGT, nos formations, qui sont essentiellement en initial, continueront d’alterner enseignements pratiques et théoriques avec une grande part réservée au présentiel car la crise nous aura appris (ou confirmé) que la relation humaine est cruciale dans ces apprentissages pratiques. Toutefois, l’innovation pédagogique à partir des moyens numériques et la mise en réseau continuera de bouleverser nos pratiques et nous permettra une meilleure adaptation à la diversité de nos étudiants.
Au-delà des évolutions scientifiques et technologiques évoquées précédemment (Big Data, intelligence artificielle, etc.) qui rempliront toujours nos formations, les enseignements en RSE (responsabilité sociétale et environnementale) vont pénétrer en profondeur tous les cycles de l’enseignement supérieur pour former aux métiers de demain. Les cadres que nous formons penseront l’environnement dans tous les projets, mais ils seront aussi les porteurs de valeurs humaines dans les entreprises afin de donner plus de sens aux métiers. Il s’agit en cela de répondre aux attentes légitimes de la nouvelle génération.