Finance d’entreprise : un secteur en pleine transformation
IA, data, enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), diversification des financements et montée des risques : la finance d’entreprise connaît aujourd’hui une transformation profonde. Les professionnels du secteur ne sont plus seulement chargés de produire et de contrôler les données financières. Ils doivent désormais éclairer les décisions stratégiques, anticiper les évolutions et accompagner les entreprises dans un environnement économique et international marqué par de fortes incertitudes. Le point sur la situation et sur les apports, dans ce contexte de mutation, du master Finance d’entreprise et ingénierie financière du Cnam.
Le financement des entreprises évolue avec le développement de sources alternatives aux financements bancaires traditionnels et aux marchés cotés. Dette privée, capital-investissement, financement participatif offrent aux organisations un éventail élargi pour soutenir leur croissance. Dans ces conditions, les professionnels de la finance doivent être capables de construire un plan de financement adapté au stade de développement de l’entreprise, à sa situation financière et à ses projets. Le choix des financements devient alors un véritable enjeu stratégique, qui suppose de comparer les coûts, les risques et les conséquences de chaque solution sur la structure financière de l’entreprise.
L’intelligence artificielle et l’automatisation des process bouleversent également le quotidien des fonctions financières. Certaines tâches de collecte, de traitement ou de restitution des données peuvent désormais être automatisées, libérant du temps pour des missions à plus forte valeur ajoutée. Pour autant, la technologie ne se substitue pas à l’expertise financière. Face à une masse croissante de données, savoir interpréter les résultats, identifier les tendances, détecter les incohérences et formuler des recommandations pertinentes demeure essentiel. Cette évolution contribue à renforcer le rôle des experts financiers, désormais davantage impliqués dans la stratégie et dans l’accompagnement des décisions de l’entreprise, notamment en matière de performance, de data et d’enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.
La finance d’entreprise contemporaine implique enfin d’identifier, de mesurer et de gérer les risques financiers. Cette mission prend une importance particulière dans un environnement international marqué par de fortes incertitudes : volatilité des marchés, évolution des taux d’intérêt et des devises, tensions géopolitiques, transformations réglementaires ou risques liés aux chaînes d’approvisionnement. Le financier doit ainsi développer une capacité d’anticipation et d’analyse pour éclairer les choix de l’entreprise et sécuriser ses projets. La gestion des risques ne relève plus uniquement d’une logique de contrôle : elle participe pleinement à la construction et à la mise en œuvre de la stratégie globale.
Finance d’entreprise et ingénierie financière : un master pensé pour vous par le Cnam
Ces évolutions font émerger de nouvelles exigences en matière de compétences. Le master Finance d’entreprise et ingénierie financière du Cnam permet d’acquérir une maîtrise approfondie des outils et méthodes nécessaires pour appréhender la transformation du secteur. La formation prépare les professionnels à créer les modèles de valorisation des entreprises, à construire des solutions de financement adaptées et à accompagner les opérations décisives pour l’avenir de l’entreprise. Elle permet également de développer une expertise en analyse financière et en gestion des risques, des compétences indispensables pour évoluer dans une fonction finance en pleine transformation.
Témoignages
Elif Ece Kayaalp, diplômée du master Finance d’entreprise et ingénierie financière en 2025
Je suis ingénieure chimiste de formation. Très vite, j’ai eu l’occasion de reprendre la gestion d’une très petite entreprise (TPE) de l’industrie chimique, spécialisée dans la fabrication de peinture. À l’époque, je ne connaissais pas grand-chose à la finance d’entreprise. Conséquence : j’avais parfois l’impression d’avancer dans l’obscurité. Certaines de mes décisions reposaient sur ma seule intuition, j’apprenais sur le tas.
Cette expérience m’a montré combien la finance d’entreprise est importante pour tous ceux qui exercent des responsabilités, qu’ils dirigent leur propre entreprise ou qu’ils soient cadres salariés dans différents services. Quand j’ai travaillé comme acheteuse de produits chimiques, j’ai également eu affaire à des questions de contrôle de gestion, de suivi des indices de prix des matières premières et de comptabilité fournisseurs. À un moment, j’ai conclu qu’il fallait que j’acquière un véritable socle de connaissances, aussi bien théoriques que pratiques.
J’ai alors choisi le Cnam, parce qu’il accueille des personnes de tout horizon qui veulent vraiment apprendre. Les tarifs restent abordables, même lorsqu’on paie soi-même sa formation, et des possibilités de financement, notamment par le compte personnel de formation (CPF), existent pour ceux qui en ont besoin. Les horaires permettent aussi d’étudier tout en travaillant. Cette ouverture à des parcours hétéroclites et cette prise en compte des contraintes de temps et de budget en font, à mes yeux, l’école idéale. J’y ai trouvé d’excellents enseignants : des universitaires, mais aussi des professionnels qui travaillent dans les entreprises. Leurs approches se complètent et donnent un bon équilibre entre théorie et pratique.
J’ai un profil plutôt entrepreneurial, et je m’intéresse particulièrement aux petites entreprises. La variété des cours au sein du master Finance d’entreprise permet de répondre aussi bien aux besoins d’un dirigeant de très petite entreprise (TPE) qu’à ceux d’un cadre supérieur d’un grand groupe multinational. On y étudie aussi bien la vente d’un fonds de commerce que les normes internationales d'information financière (IFRS) ou les prix de transfert dans les groupes internationaux. Nous avons d’abord commencé par la théorie, puis abordé le droit, la comptabilité, l’analyse financière, la trésorerie, la gestion des risques, la fiscalité et l’utilisation de différents outils financiers. Nous avons également travaillé sur des études de cas et analysé des entreprises réelles, pour mettre ces connaissances en pratique.
Aujourd’hui, je poursuis mon activité de conseil en micro-entreprise et je prépare d’autres projets d’entreprise. Pour les concrétiser, je pourrai m’appuyer sur mon expérience, mon intuition et les outils acquis au Cnam, qui me serviront tout au long de ma carrière.
Zihao Deng, diplômé du master Finance d’entreprise et ingénierie financière en 2025
Au fil des années, j'ai constaté que, dans le secteur culturel, les fonctions financières sont souvent occupées par des diplômés d'autres filières que la finance ou d'écoles de commerce. On apprend sur le terrain et on construit sa carrière, par choix ou par manque d'alternatives. C'est bien là le début de mon histoire, et je me suis demandé : serais-je capable de trouver un poste en finance dans un autre environnement ?
Titulaire d'un master en communication, médias et industries créatives, je travaillais dans l'audiovisuel depuis quatre ans lorsque j'ai décidé de candidater au Cnam. Pendant cette période, sans formation solide en finance, j'ai tout de même été amené à traiter les sujets financiers d'une société de cinéma. À force de manipuler les chiffres et les tableaux Excel, j'ai développé un intérêt croissant pour ce domaine.
Pour acquérir une base de connaissances solide et transposable, qui me permettrait de diversifier mon parcours, j'ai donc décidé de préparer ce second master : Finance d'entreprise et ingénierie financière. J'ai été admis directement en M2 et j'ai suivi le programme en deux ans, avec des cours du soir deux ou trois fois par semaine. Je ne prétendrais pas que ces deux années ont été faciles : il y a eu des moments de découragement. Parfois, j’ai eu envie d'abandonner. Suivre trois heures de cours après une journée de travail, puis consacrer ses week-ends aux révisions, demande beaucoup d'énergie et de persévérance. Mais pour les élèves qui veulent vraiment suivre le programme et en tirer le meilleur, c'est une opportunité idéale. Il est riche, couvre de nombreuses matières, et il est enseigné par des experts du domaine, universitaires comme professionnels.
Parmi tous les cours, certains m'ont particulièrement plu. La théorie financière de l'entreprise, complétée par l'analyse financière et l'évaluation d'entreprise m'ont permis de comprendre en profondeur la structure financière des entreprises dans lesquelles j'ai travaillé. Les unités d’enseignement consacrées à la comptabilité et à la fiscalité des groupes ont apporté du sens à tous les traitements comptables que j'avais réalisés, et m'ont préparé à des projets de (re)structuration de groupes. Enfin, la gestion de trésorerie et le cash management m'ont donné une vue d'ensemble des outils de trésorerie. Cela m’a permis d'être plus proactif plutôt que de réagir dans l’urgence aux besoins immédiats de trésorerie.
Au-delà des compétences professionnelles concrètes que j'ai acquises, j'ai aussi gagné en confiance dans mon parcours. Je me sens désormais légitime dans le monde de la finance. J’ai d’ailleurs vu mes responsabilités professionnelles croître pendant la formation. J’ai changé à la fois de travail et de secteur au moment où il ne me restait plus que le mémoire de fin d’études à produire. Et maintenant, je vais intégrer de nouvelles fonctions dans une entreprise de plus grande taille !