Jeux vidéo : du soft power français à l’expertise du Cnam
Ils s’appellent Ubisoft, Quantic Dream, Arkane Studios ou encore Gameloft. Leaders ou outsiders, ils font le marché français du jeu vidéo et rayonnent à l’international. Pour cela, il faut des collaborateurs à la fois compétents et créatifs. Et donc des personnes bien formées. C’est là qu’intervient l’École nationale du jeu et des médias interactifs numériques (Enjmin), notamment à travers la licence Informatique parcours jeux vidéo.
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Quelques mots clés
- Architecture des machines
- Systèmes d’exploitation et réseaux informatiques
- Langages C# et C++
- Game & Level design
- Conception visuelle (personnages 3D)
- Conception d’interface et UX (interaction homme-machine)
- Principaux moteurs de jeux
Le Cnam-Enjmin à Angoulême
Date
© Vignette : AdobeStock.
Depuis ses prémices à la fin des années 1970, le secteur du jeu vidéo français n’a cessé de se réinventer au point de devenir à ce jour une véritable culture et une industrie qui pèse lourd, tant du point de vue économique que diplomatique. Côté économie, le chiffre d’affaires du marché hexagonal est passé de 3,2 milliards d'euros en 2015 à 5,8 milliards estimés en 2025, avec un pic historique à 6,1 milliards en 2023. Côté diplomatie, Assassin’s Creed (le Credo des assassins en français), qui raconte l’affrontement permanent entre la Confrérie des Assassins et l'Ordre des Templiers, était présent lors des Jeux olympiques 2024. La silhouette masquée courant sur les toits de Paris, c’était un protagoniste d’Assassin’s Creed ! Preuve en est que le jeu vidéo s’est imposé à ce moment-là comme un outil du soft power à la française.
Développement économique, rayonnement, milliers d’emplois pérennes sur l’ensemble du territoire : l’industrie du jeu vidéo fait figure aujourd’hui d’opportunité pour la France de s’affirmer en tant qu’acteur principal au niveau européen et même mondial. Mais notre pays doit mieux accompagner les acteurs du secteur en s’appuyant sur ses forces vives. Si l’on prend en compte les nombreux défis qui viennent, en particulier le tournant de l’intelligence artificielle (IA) et la concurrence internationale qui augmente, il est essentiel que les autorités envoient un signal fort afin d’assurer le développement d’un espace économique qui se sent parfois trop peu soutenu. Si la France veut devenir le champion européen du jeu vidéo, ce qui est tout à fait dans ses cordes, elle devra s’en donner les moyens dans les prochaines années.
L’Enjmin, école nationale du jeu et des médias interactifs numériques, est la grande école publique du jeu vidéo et du numérique. Et elle fait partie intégrante de la galaxie du Cnam ! Située à Angoulême au sein du campus créatif Magelis, elle forme à tous les métiers du jeu vidéo et des professionnels appelés à rejoindre des studios déjà existants ou à créer le leur. Le Cnam-Enjmin est largement ouvert sur le monde via des partenariats internationaux avec des universités et des centres de recherche et l’accueil d'étudiants étrangers. Depuis 2020, le Cnam-Enjmin est par ailleurs partenaire de l’école d’application* de l’École polytechnique pour tous les métiers du jeu vidéo.
Cette licence générale en apprentissage se déroule pendant trois ans en entreprise, avec un jour de cours par semaine à distance. Elle forme au métier de programmeur dans les industries culturelles et créatives (studio de jeu vidéo, de multimédia, département technologies immersives d’une grande entreprise). Trois grands axes pédagogiques ponctuent le cursus :
Après l'obtention d'un bac scientifique, je me suis d'abord dirigé vers une double licence en mathématiques et biologie à l'université Paris-Saclay. Lors de ce cursus, j'ai suivi un cours de C++, langage informatique couramment utilisé dans le jeu vidéo, où nous devions créer un jeu de société à partir de zéro. Cela a commencé à me mettre la puce à l'oreille. J'ai terminé ma licence sans réel attrait pour ce domaine puis, sur les conseils de mon père qui avait travaillé dans l'industrie du jeu vidéo, je me suis renseigné auprès de l'Enjmin. J'ai finalement sauté le pas en intégrant la licence Informatique parcours jeux vidéo. J'ai passé mes trois ans d'alternance au sein du studio parisien Lightbulb Crew et, après ma formation, j'ai été recruté en CDI en tant que programmeur. Concernant le déroulement de la licence, il faut distinguer deux parties : l'alternance en entreprise et la formation en tant que telle. La partie alternance m'a apporté énormément de choses, que ce soit dans le domaine technique (apprendre à coder de façon modulable, intelligente et persistante dans le temps) ainsi que dans la posture professionnelle (apprendre à communiquer de façon claire et précise, prendre des initiatives). Durant ces trois ans, j'ai pu voir les nombreuses facettes de la production d'un jeu vidéo (d'un prototype annulé à une production terminée) et cela dans les bons et les pires moments. Donc oui, clairement, l'alternance a construit le programmeur que je suis et, sans elle, je ne serais pas au niveau auquel je suis maintenant ! Concernant la formation, un bon tour d'horizon de tous les aspects créatifs d'un jeu : une porte d'entrée vers la programmation, la création 3D ou la gestion de projet, à charge pour l'alternant que j'étais d'en faire bon usage durant mes périodes en entreprise. Le cours de modélisation 3D a suscité un réel attrait chez moi ; je continue d'ailleurs d’appliquer les principes que j'ai appris au travers de certains projets artistiques personnels. J'ai retrouvé avec joie des cours de mathématiques dont le contenu était pertinent pour l'industrie du jeu vidéo, tout comme la pédagogie utilisée qui mettait l'accent sur le travail en groupe – une qualité essentielle pour un programmeur. Pour terminer, le game design est un département qui est très souvent en relation avec le département de programmation, il me semble essentiel de connaître les spécificités et les outils de ce domaine afin d'avoir des échanges pertinents et efficaces. La formation m'a apporté la base de ce « langage » de game design avec le Growth Driven Design* (GDD), le benchmark ou le design mobile, beaucoup plus axé sur la fidélisation des joueurs que le design console ou PC.
Développement économique, rayonnement, milliers d’emplois pérennes sur l’ensemble du territoire : l’industrie du jeu vidéo fait figure aujourd’hui d’opportunité pour la France de s’affirmer en tant qu’acteur principal au niveau européen et même mondial. Mais notre pays doit mieux accompagner les acteurs du secteur en s’appuyant sur ses forces vives. Si l’on prend en compte les nombreux défis qui viennent, en particulier le tournant de l’intelligence artificielle (IA) et la concurrence internationale qui augmente, il est essentiel que les autorités envoient un signal fort afin d’assurer le développement d’un espace économique qui se sent parfois trop peu soutenu. Si la France veut devenir le champion européen du jeu vidéo, ce qui est tout à fait dans ses cordes, elle devra s’en donner les moyens dans les prochaines années.
Le rôle clé du Cnam-Enjmin
L’Enjmin, école nationale du jeu et des médias interactifs numériques, est la grande école publique du jeu vidéo et du numérique. Et elle fait partie intégrante de la galaxie du Cnam ! Située à Angoulême au sein du campus créatif Magelis, elle forme à tous les métiers du jeu vidéo et des professionnels appelés à rejoindre des studios déjà existants ou à créer le leur. Le Cnam-Enjmin est largement ouvert sur le monde via des partenariats internationaux avec des universités et des centres de recherche et l’accueil d'étudiants étrangers. Depuis 2020, le Cnam-Enjmin est par ailleurs partenaire de l’école d’application* de l’École polytechnique pour tous les métiers du jeu vidéo.
*Les écoles d'application apportent une formation de spécialisation, souvent professionnalisante, à leurs étudiants.
Licence Informatique parcours jeux vidéo
Cette licence générale en apprentissage se déroule pendant trois ans en entreprise, avec un jour de cours par semaine à distance. Elle forme au métier de programmeur dans les industries culturelles et créatives (studio de jeu vidéo, de multimédia, département technologies immersives d’une grande entreprise). Trois grands axes pédagogiques ponctuent le cursus :
- Un enseignement permettant le développement de diverses compétences indispensables pour bien exercer dans le secteur : autonomie, proactivité, travail collaboratif ;
- Une « pédagogie par défi » encourageant chaque élève à explorer des concepts et à rechercher des solutions afin de répondre aux problématiques soulevées par l’équipe pédagogique ;
- Des cours et des projets qui permettent aux élèves de travailler ensemble et de leur donner les clés pour une bonne insertion en entreprise.
YUNA BONNIFET, DIPLÔMÉE DE LA LICENCE
J'ai d'abord obtenu un bac général avant d’entrer en 2022 dans la licence Informatique parcours jeu vidéo pour un parcours d'apprentissage sur trois ans. Cette formation m’a permis de travailler en alternance dans deux studios de jeux vidéo et de mettre à profit sur le terrain ce que j'apprenais en cours. Cette alternance m’a enrichi en expériences concrètes et en compétences techniques, ce qu’aucune formation scolaire classique n’aurait pu m’apporter. Par ailleurs, le format asynchrone* proposé m'a offert une grande flexibilité dans mon travail. Cependant, la recherche d’emploi est compliquée car le milieu du jeu vidéo est très concurrentiel ; tout le monde veut travailler dans les studios ! Pour réussir, il faut une grande autonomie, cela ne va pas à tous les profils. Dès le départ, mon objectif était d’intégrer le master Audiovisuel, médias interactifs numériques, jeux, toujours à l'Enjmin, formation réputée prestigieuse dans le domaine. J'y poursuis aujourd'hui mes études. J'y apprends la partie la plus technique du processus de création des jeux vidéo : la programmation. Il s’agit d’approfondir mes connaissances afin de pouvoir travailler par la suite comme programmeuse Gameplay (responsable de la création et de l'implémentation des mécaniques de jeu et des interactions) dans l’industrie du jeu vidéo. Peut-être même qu'un jour me viendra l'idée de fonder mon propre studio !
*100% en entreprise ; 1re année : formation à temps plein d’octobre à décembre + 2 rassemblements d’une semaine à Angoulême ; 2e et 3e années : 3 rassemblements d’une semaine par an à Angoulême ; pour les trois années : 1 jour de cours à distance par semaine.
ENKI BACHELIER, DIPLÔMÉ DE LA LICENCE
Après l'obtention d'un bac scientifique, je me suis d'abord dirigé vers une double licence en mathématiques et biologie à l'université Paris-Saclay. Lors de ce cursus, j'ai suivi un cours de C++, langage informatique couramment utilisé dans le jeu vidéo, où nous devions créer un jeu de société à partir de zéro. Cela a commencé à me mettre la puce à l'oreille. J'ai terminé ma licence sans réel attrait pour ce domaine puis, sur les conseils de mon père qui avait travaillé dans l'industrie du jeu vidéo, je me suis renseigné auprès de l'Enjmin. J'ai finalement sauté le pas en intégrant la licence Informatique parcours jeux vidéo. J'ai passé mes trois ans d'alternance au sein du studio parisien Lightbulb Crew et, après ma formation, j'ai été recruté en CDI en tant que programmeur. Concernant le déroulement de la licence, il faut distinguer deux parties : l'alternance en entreprise et la formation en tant que telle. La partie alternance m'a apporté énormément de choses, que ce soit dans le domaine technique (apprendre à coder de façon modulable, intelligente et persistante dans le temps) ainsi que dans la posture professionnelle (apprendre à communiquer de façon claire et précise, prendre des initiatives). Durant ces trois ans, j'ai pu voir les nombreuses facettes de la production d'un jeu vidéo (d'un prototype annulé à une production terminée) et cela dans les bons et les pires moments. Donc oui, clairement, l'alternance a construit le programmeur que je suis et, sans elle, je ne serais pas au niveau auquel je suis maintenant ! Concernant la formation, un bon tour d'horizon de tous les aspects créatifs d'un jeu : une porte d'entrée vers la programmation, la création 3D ou la gestion de projet, à charge pour l'alternant que j'étais d'en faire bon usage durant mes périodes en entreprise. Le cours de modélisation 3D a suscité un réel attrait chez moi ; je continue d'ailleurs d’appliquer les principes que j'ai appris au travers de certains projets artistiques personnels. J'ai retrouvé avec joie des cours de mathématiques dont le contenu était pertinent pour l'industrie du jeu vidéo, tout comme la pédagogie utilisée qui mettait l'accent sur le travail en groupe – une qualité essentielle pour un programmeur. Pour terminer, le game design est un département qui est très souvent en relation avec le département de programmation, il me semble essentiel de connaître les spécificités et les outils de ce domaine afin d'avoir des échanges pertinents et efficaces. La formation m'a apporté la base de ce « langage » de game design avec le Growth Driven Design* (GDD), le benchmark ou le design mobile, beaucoup plus axé sur la fidélisation des joueurs que le design console ou PC.