Le Cnam en Chine intègre ses nouveaux locaux à Dongguan
En juin 2017 était inauguré l’Institut franco-chinois DGUT-Cnam à Dongguan, métropole de plus de dix millions d’habitants, au cœur de la Grande Baie de Guangdong-Hong Kong-Macao. Créé en partenariat avec la Dongguan University of Technology, cet établissement d’enseignement supérieur forme dans les domaines de l’ingénierie et de la technologie. L’alliance avec le Cnam s’attache à renforcer les échanges académiques entre les deux pays avec un modèle contribuant au développement économique et social. Le point sur ce partenariat avec Carmen Branescu, directrice des Affaires européennes et internationales au Cnam.
L’Institut franco-chinois DGUT-Cnam est le résultat d’un long et patient travail effectué par le Cnam et la Dongguan University of Technology. Celui-ci a commencé en novembre 2014 par la signature d’un accord portant création de l’institut, élément constitutif suivi de nombreux échanges entre enseignants-chercheurs des deux établissements. Ces échanges, fructueux, ont mené à la co-construction d’un projet pédagogique présenté au ministère chinois de l’Éducation nationale en 2016, Celui-ci a été accrédité en février 2017, autorisant officiellement l’Institut franco-chinois DGUT-Cnam à délivrer, sur le territoire chinois, des diplômes Cnam.
L’Institut franco-chinois DGUT-Cnam permet de proposer, en dehors de ses frontières, son savoir-faire en termes de formation en ingénierie, en adéquation avec les demandes des entreprises locales, qu’elles soient chinoises ou françaises. Situé à mi-chemin entre Canton et Hong-Kong, dans une province économiquement dynamique, le DGUT-Cnam de Dongguan constitue aussi une preuve supplémentaire que l’expertise du Conservatoire est prisée par les partenaires étrangers.
Depuis la rentrée 2017, le DGUT-Cnam propose aux étudiants en formation initiale une licence Sciences de l’ingénieur en quatre ans. Un programme dispensé en anglais, français et chinois dans trois filières (mécanique, informatique, télécommunications) structurées autour des enjeux de la fabrication intelligente et de la transformation numérique, Ainsi, les étudiants sont doublement diplômés : du BENKE* (Bac+4) en Chine (DGUT) et de la licence (Cnam). Il est à noter que les élèves bénéficient d’une mobilité en France durant la troisième année de licence.
Depuis sa création, l’institut a formé près de 1 000 diplômés, dont une grande majorité contribue aujourd’hui activement au développement des échanges économiques et technologiques entre la Chine, la France et, plus largement, l’Europe. Cette insertion réussie témoigne de la pertinence du modèle pédagogique et de son adéquation avec les besoins des entreprises. La présence, lors de l’inauguration des nouveaux locaux, de nombreux dirigeants d’entreprises françaises partenaires, venus renouveler et renforcer leurs accords de coopération avec l’Institut franco-chinois DGUT-Cnam, constitue à cet égard un signal fort. Elle illustre la confiance accordée au dispositif et confirme le rôle de l’institut comme interface privilégiée entre formation académique et monde industriel.
En marge de l’inauguration, la délégation du Cnam a participé à plusieurs rencontres institutionnelles et académiques en Chine, notamment une visite de l’Institut franco-chinois UTSEUS en partenariat avec l'Université de Shanghai ainsi que des échanges avec la Beijing University of Technology et les services diplomatiques français. Ces déplacements visaient à consolider les collaborations existantes ainsi qu’à identifier de nouvelles opportunités de partenariats dans les domaines des sciences, de la technologie et du management. Les échanges académiques, les partenariats avec les universités technologiques chinoises et les collaborations avec le tissu industriel local témoignent d’une dynamique ambitieuse au service de l’innovation et du développement des compétences.
*Diplôme ou certificat chinois de fin d'études de premier cycle (équivalent bac+4).
3 questions à Carmen Branescu, directrice des affaires européennes et internationales au Cnam
Le déménagement de l’Institut franco-chinois DGUT-Cnam dans ses nouveaux locaux annonce-t-il une évolution du partenariat entre les deux établissements ?
Le déménagement dans ces nouveaux locaux marque une nouvelle étape dans la consolidation du partenariat entre le Cnam et la DGUT. Il traduit une montée en puissance du projet, tant sur le plan académique que sur celui de sa visibilité locale. On arrive aujourd’hui à une étape où on ne se contente plus de proposer un programme de licence. On construit la suite, avec le lancement d’un programme de la licence au master. Ce qui est intéressant, c’est la façon dont ces formations sont pensées : les étudiants commencent en Chine, poursuivent une partie importante de leur parcours à Paris, puis reviennent terminer leur master à Dongguan, souvent en lien avec un laboratoire ou une entreprise. On est vraiment sur des parcours hybrides, internationaux, et très connectés au monde professionnel. Ces nouveaux locaux vont justement permettre d’accompagner ce développement : accueillir plus d’étudiants, diversifier les formations et renforcer encore les liens avec les entreprises locales.
Quel retour avez-vous de nos amis chinois sur ce partenariat entre la DGUT et le Cnam ?
Les retours sont vraiment positifs. Ce qui revient souvent, c’est la qualité de l’enseignement et notre façon de faire, avec un bon équilibre entre théorie et pratique. Le double diplôme est aussi très apprécié, parce qu’il donne une vraie valeur ajoutée aux étudiants. Et la possibilité de venir étudier en France pendant leur cursus est perçue comme une expérience forte, à la fois académique et personnelle. Mais au-delà de ça, ce qui compte beaucoup, c’est la relation qu’on a construite avec la DGUT. Il y a une vraie confiance, des échanges réguliers mis en place par notre directeur français, Ming-Jun Zhang, et une réelle implication de nos enseignants-chercheurs dans ce partenariat. C’est ce qui fait que le partenariat fonctionne aussi bien.
Plus généralement, comment se porte le réseau du Cnam à l’étranger ? Des nouveautés pour l’avenir ?
Le réseau se porte bien ! On est présents en Afrique, Europe, Asie et Amérique, avec des partenariats solides qui continuent de se développer. Voici les derniers chiffres :
5 centres ;
47 pays partenaires ;
110 établissements partenaires, dont 67 dans le cadre de la formation ;
36 partenariats en mobilité et 7 partenariats en transfert d’expertise ;
120 formations à l’étranger, dont 80 doubles diplômes ;
15 000 étudiants internationaux (dont 10 000 à l’étranger) ;
27 projets de coopération Erasmus+ : 23 en mobilité et 4 en transfert d’expertise.
Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est une forte attente pour des formations plus flexibles, plus internationalisées, avec aussi une part de numérique. On s’adapte à ça, en faisant évoluer nos offres. Pour la suite, l’idée n’est pas forcément d’aller partout, mais de mieux s’ancrer là où on est déjà, tout en ouvrant de nouvelles collaborations quand cela a du sens.