Protection des ressources marines : devenez un expert avec le Cnam
À l’approche de l’été, il n’est pas inutile de rappeler aux futurs plaisanciers que les zones marines, de plus en plus nombreuses partout sur la planète, redessinent les cartes de la navigation. Pour éviter les amendes salées, rien n’est plus efficace que de chasser les mauvaises habitudes pour en adopter de nouvelles. Voguer en toute liberté et prendre du plaisir à le faire nécessite désormais de prendre en compte la protection du vivant. Un enjeu crucial auquel forme l’Institut national des sciences et techniques de la mer (Cnam-Intechmer) de Cherbourg à travers deux licences spécialisées.
À notre époque, bien connaître le bateau que l’on pilote, la route maritime que l’on emprunte et la météo pour passer entre les gouttes d’un orage, ne suffit plus. Tout bon navigateur doit aujourd’hui ajouter à son couteau suisse des mers la réglementation environnementale, qui ne concerne plus uniquement quelques réserves éparses et une poignée de zones permettant de jeter l’ancre. Il faut désormais vérifier si le mouillage est autorisé, si une bouée est obligatoire, si la pêche de loisir est tolérée, si la plongée est possible ou si une autorisation préalable est exigée.
En Méditerranée française, par exemple, plus d’un quart des eaux sont aujourd’hui couvertes par des aires marines protégées. Cela signifie concrètement que pour un plaisancier, qu’il soit côtier ou hauturier (haute mer), ignorer ces délimitations n’apparaît plus comme une banale imprudence mais comme la quasi-certitude de se tromper de route... et de devoir mettre la main au porte-monnaie si d’aventure la gendarmerie maritime est dans les parages.
Quid des aires marines protégées
En France, les aires marines protégées (AMP) ont des appellations multiples. Il y a les parcs nationaux comme Port-Cros dans le Var, les Calanques de Marseille, la Guadeloupe, les parcs naturels marins comme Iroise en Bretagne, le Golfe du Lion en Languedoc, Mayotte, les réserves naturelles comme les Bouches de Bonifacio, enfin les parcs naturels comme la mer de Corail en Nouvelle-Calédonie.
L’aire marine protégée est un espace délimité en mer afin d'assurer à long terme la conservation de la nature. Cependant, protéger les espèces et les habitats marins n’est pas le seul objectif de ces zones. Il s’agit en particulier de favoriser l'adaptation des écosystèmes et des organismes aux cinq impacts importants du changement climatique : l'acidification des océans, l'élévation du niveau des mers, l'intensification des tempêtes, les changements dans la répartition des espèces et la diminution de la productivité et de la disponibilité de l'oxygène. Les AMP sont là aussi pour préserver ou améliorer la qualité des eaux, promouvoir l'exploitation durable des ressources (pêche), maintenir le patrimoine culturel et accroître la valeur ajoutée sociale, économique, scientifique ou éducative de ces aires.
Deux formations spécialisés proposées par le Cnam-Intechmer (Cherbourg)
L’Institut national des sciences et techniques de la mer, s’agissant de la thématique des ressources marines, propose deux licences (cadre technique) : Génie de l'environnement marin et Production et valorisation des ressources marines. Ces deux formations sur trois ans* proposent notamment de :
maîtriser les connaissances scientifiques en ressources marines, environnement marin et aménagement du littoral ;
connaître et mettre en application les techniques de prélèvements et de mesures sur le terrain ;
exploiter les outils analytiques permettant de contrôler l'état écologique des écosystèmes marins en laboratoire.
*1re année : de septembre à juin ; 2e année : de septembre à avril, suivi d'un stage de 8 semaines ; 3e année : de septembre à avril, suivi d'un stage de 20 semaines.
Témoignages
Antoine Ekue, diplômé de la licence Cadre technique production et valorisation des ressources marines
Après une première année de licence Science et vie de la terre et de l’environnement (SVTE) à l’université de Lille, je suis entré à l’Intechmer où j’ai validé la licence Production et valorisation des ressources marines. J’avais découvert l’école lors d’un stage à l’Ifremer pendant mes années au lycée. La licence de l’Intechmer m’a apporté de solides connaissances en biologie animale et végétale marine, mais pas seulement. La taille réduite des promotions et l’origine variée des étudiants, de métropole ou des territoires ultramarins, encourage et développe l’entraide. Les relations avec les professeurs sont également très riches. Bien sûr, j’ai réalisé de nombreux travaux pratiques pendant ma scolarité, notamment avec des cultures de proies vivantes et de phytoplancton. Cela m’a permis d’acquérir mes premières expériences, grâce aux stages, et de réaliser le métier que je voulais faire depuis que je suis petit : technicien aquariologiste (professionnel s'occupant d’animaux en milieu aquatique). Précisément, je suis aujourd’hui technicien en aquariologie de recherche dans une société (Plastic At Sea, à Banyuls-sur-Mer) qui aide les entreprises à trouver des alternatives durables et économiquement viables aux plastiques d’aujourd’hui. Dans le futur, je pense me diriger vers les aquariums publics, où je pourrai me spécialiser et passer des capacitaires (certificat de capacité pour l'entretien d'animaux non domestiques). Une autre possibilité serait de travailler dans des stations marines.
Lisa Lefrançois, diplômée de la licence Cadre technique génie de l'environnement marin
Passionnée par la mer depuis mon enfance et souhaitant œuvrer pour la préservation des milieux côtiers, je suis entrée à l’Intechmer après un bac scientifique pour y suivre la formation Cadre technique génie de l’environnement marin. Celle-ci m’a apporté des connaissances globales sur différentes aspects du milieu marin, de la biologie à la chimie en passant par l’océanographie physique, et m’a permis d’acquérir de solides compétences techniques et scientifiques, à la fois sur le terrain et en laboratoire. Les enseignements, dispensés par les enseignants-chercheurs basés à Cherbourg et des professionnels de différentes structures, donnent à la formation une dimension concrète et fournissent un aperçu des multiples acteurs impliqués dans la connaissance et la préservation des écosystèmes marins. Mes deux stages (l’un portant sur les foraminifères invasifs – micro-organismes dans une coquille – à l’université de Malte, et le second sur les dinoflagellés benthiques toxiques – microalgue planctonique susceptible de proliférer de façon importante pour former des marées rouges – à l’Ifremer de Martinique) m’ont permis de découvrir le monde de la recherche et d’affiner mon projet professionnel. Souhaitant me spécialiser dans la gestion d’espaces naturels marins, j’ai ensuite poursuivi avec le master Gestion de l’environnement et écologie littorale de l’université de La Rochelle. Ces deux années m’ont permis d’approfondir les compétences développées lors de ma licence à l’Intechmer et, surtout, de réaliser deux stages supplémentaires : l’un sur l’évolution des populations de sardines du golfe de Gascogne à l’Ifremer de Lorient, et l’autre sur la dynamique des herbiers marins au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Martinique. J’ai en parallèle passé mon diplôme de plongée professionnelle afin de diversifier mes compétences de terrain. Depuis la fin de mon master, je travaille en tant que garde-gestionnaire du littoral sur l’archipel de Chausey pour le syndicat mixte Espaces littoraux de la Manche (SyMEL). C’est un poste polyvalent qui mêle suivis scientifiques en mer (dont une grande partie en plongée), surveillance des usages, entretien des sentiers, sensibilisation auprès de différents publics et gestion en lien avec les différents acteurs du site.