Comprendre quelles sont les conséquences du Coronavirus et des mesures prises pour lutter contre l'épidémie sur les personnes et les familles les plus pauvres.
Qu'est-ce qui unit le Cnam au mouvement ATD Quart Monde?
La convention de partenariat ATD Quart Monde/Cnam/CNRS (Ceraps et Gis Démocratie et participation) implique la création d'un espace collaboratif « Croiser les savoirs avec tou.te.s » qui a pour finalité la reconnaissance du savoir issu de l’expérience de la pauvreté. Il se fonde sur le postulat que la production des connaissances utiles à la lutte contre la pauvreté passe par la co-construction entre le savoir d’expérience de vie et les savoirs venant d’autres sources (l’action, la recherche académique, la politique...), ainsi que par le croisement des différentes interprétations et analyses.
Il s’agit d’élaborer ce que nous proposons d'appeler, en écho des épistémologies féministes et postcolonialistes, une « épistémologie post-pauvreté » : un ensemble de pratiques et de réflexions qui vise à la fois à produire des connaissances nouvelles et lutter contre la pauvreté en mettant fin aux injustices épistémiques qui renforcent les autres injustices vécues par les personnes en situation de pauvreté.
Qui se cache, aujourd'hui, en France derrière le mot "pauvreté"? Qui sont-elles ces personnes avec lesquelles ATD Quart Monde chemine?
Genevieve de Coster, représentante d'ATD Quart Monde à la Commission nationale consultative des Droits de l'Homme :
« Les familles accompagnées par ATD Quart Monde font partie de celles qui vivent dans la grande pauvreté, c’est-à-dire bien au-dessous de seuil de pauvreté. L’extrême pauvreté, se situe à 40 % du revenu médian, soit 684 euros par mois. Quelques 2,2 millions de personnes vivent avec moins dans notre pays.
Des allocataires des minima sociaux, des personnes ayant renoncées à demander les prestations auxquelles elles ont droit (non recours), des personnes qui alternent périodes de travail précaire et chômage, en CDD, intérimaires, en formation, apprentis, en entreprises d’insertion, des personnes vivant en centres d’hébergement, des personnes mal-logées, aux logements indignes, des personnes sans domicile, des personnes migrantes, des familles dont les enfants sont placés, des personnes vivant en campements ou en bidonvilles (y compris celles invisibles qui se « débrouillent seuls » habituellement et ne sont pas repérées par les maraudes).
À la peur liée à la pandémie elle-même, s’ajoute la peur des impacts des mesures pour des personnes qui vivent habituellement dans la survie et au jour le jour. Globalement, beaucoup d’interrogations, et aussi... » [Lire la suite]