Comprendre quelles sont les conséquences du Coronavirus et des mesures prises pour lutter contre l'épidémie sur les personnes et les familles les plus pauvres.

ATD Quart Monde, le CNRS et le Cnam travaillent de concert, dans le cadre d'une convention de partenariat, sur un projet qui consiste à faire vivre et enrichir un espace collaboratif ayant pour finalité la reconnaissance du savoir issu de l’expérience de la pauvreté. Dans ce contexte de crise sanitaire, le mouvement ATD Quart Monde est plus que jamais attentif à la situation des personnes démunies. Et en tant que partenaire, il nous paraît important de relayer ces observations et informations.

Qu'est-ce qui unit le Cnam au mouvement ATD Quart Monde?

La convention de partenariat ATD Quart Monde/Cnam/CNRS (Ceraps et Gis Démocratie et participation) implique la création d'un espace collaboratif « Croiser les savoirs avec tou.te.s » qui a pour finalité la reconnaissance du savoir issu de l’expérience de la pauvreté. Il se fonde sur le postulat que la production des connaissances utiles à la lutte contre la pauvreté passe par la co-construction entre le savoir d’expérience de vie et les savoirs venant d’autres sources (l’action, la recherche académique, la politique...), ainsi que par le croisement des différentes interprétations et analyses.

Il s’agit d’élaborer ce que nous proposons d'appeler, en écho des épistémologies féministes et postcolonialistes, une « épistémologie post-pauvreté » : un ensemble de pratiques et de réflexions qui vise à la fois à produire des connaissances nouvelles et lutter contre la pauvreté en mettant fin aux injustices épistémiques qui renforcent les autres injustices vécues par les personnes en situation de pauvreté.

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En savoir plus sur l'espace collaboratif « Croiser les savoirs avec tou.te.s »

Date
Article rédigé à partir des écrits reçus par les membres du mouvement ATD Quart Monde du 16 au 31 mars 2020. 

Qui se cache, aujourd'hui, en France derrière le mot "pauvreté"? Qui sont-elles ces personnes avec lesquelles ATD Quart Monde chemine?

Genevieve de Coster, représentante d'ATD Quart Monde à la Commission nationale consultative des Droits de l'Homme : 

« Les familles accompagnées par ATD Quart Monde font partie de celles qui vivent dans la grande pauvreté, c’est-à-dire bien au-dessous de seuil de pauvreté. L’extrême pauvreté, se situe à 40 % du revenu médian, soit 684 euros par mois. Quelques 2,2 millions de personnes vivent avec moins dans notre pays. 

Des allocataires des minima sociaux, des personnes ayant renoncées à demander les prestations auxquelles elles ont droit (non recours), des personnes qui alternent périodes de travail précaire et chômage, en CDD, intérimaires, en formation, apprentis, en entreprises d’insertion, des personnes vivant en centres d’hébergement, des personnes mal-logées, aux logements indignes, des personnes sans domicile, des personnes migrantes, des familles dont les enfants sont placés, des personnes vivant en campements ou en bidonvilles (y compris celles invisibles qui se « débrouillent seuls » habituellement et ne sont pas repérées par les maraudes). 

À la peur liée à la pandémie elle-même, s’ajoute la peur des impacts des mesures pour des personnes qui vivent habituellement dans la survie et au jour le jour. Globalement, beaucoup d’interrogations, et aussi... » [Lire la suite]

Point par point, est ensuite observée, décortiquée, étudiée la situation : la santé, l'éducation, la vie quotidienne, la vie familiale mais aussi les inégalités face au confinement, par exemple. L'ensemble de ces constats permet de dresser un tableau à la fois exhaustif et sans fard d'une France de la pauvreté en période de crise sanitaire. Il permet aussi de mettre en avant de façon criante une réalité : les personnes en situation de pauvreté sont mises dans des situations de fragilités encore plus extrêmes, souffrent de la fermeture des structures d'accueil, des empêchements des associations à mener à bien leurs missions auprès d'eux, des aléas liés à la continuité des services de l'État mais aussi, de façon plus personnelle, d'anxiété face à la question du confinement, de la peur de l'épidémie, etc ; qui sont d'autant plus difficile à gérer lorsque l'on est dans ces situations de grande pauvreté matérielle ou d'isolement. 

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Découvrir les observations recueillies et le bilan dressé par ATD Quart Monde sur la situation des plus pauvres face à la crise liée au Covid-19