Portrait de Vanessa Billot, diplômée du titre professionnel Responsable de projets de formation
Le titre Responsable de projets de formation est inscrit au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Il répond à une forte demande sociale d’expertise dans les domaines de l'ingénierie de formation et de l'analyse du travail. Objectif : concevoir des cursus permettant à chacun de développer des compétences adaptées à sa situation. Vanessa Billot, diplômée de cette certification, nous livre son témoignage.
Vanessa Billot a par ailleurs écrit une bande dessinée. Son titre : « Aidante malgré moi ». Un ouvrage consacré au rôle de l’aidant adolescent, qui est rarement évoqué.
La formation Responsable de projets de formation permet d’acquérir 6 grandes compétences clés afin d’être en capacité, une fois en poste, de proposer une expertise dans la pratique de leur métier.
Identifier et mobiliser une méthodologie d’enquête sur les pratiques individuelles et collectives de travail en vue d’une formation ;
Identifier le potentiel d’apprentissage des situations de travail et concevoir des modalités formatives à partir de ces situations ;
Élaborer l’ingénierie d’une action de formation ou d’un dispositif de développement de compétences ;
Structurer le scénario pédagogique d’une action de formation multimodale ;
Superviser et gérer le déroulement d’une action de formation dans ses différents aspects techniques, logistiques, relationnels et pédagogiques ;
Concevoir et mettre en œuvre l’évaluation de la formation et exploiter ses résultats à des fins d’amélioration.
Pour accéder au titre Responsable de projets de formation
Il faut justifier d’un niveau bac+2 et d’une expérience professionnelle de 3 ans dont une année dans la spécialité. Si l’expérience se situe hors du champ de la spécialité et s’il n’y a pas eu de pratique dans la discipline pendant le temps de la formation, un stage de trois mois dans la spécialité est nécessaire pour valider l’ensemble du cursus.
Retour d’expérience…
… avec Vanessa Billot, diplômée du titre professionnel Responsable de projets de formation en 2022.
Côté formation, Vanessa Billot est diplômée d’un BTS Assistante de gestion PME-PMI en alternance. Vingt ans plus tard, elle passe un diplôme d’université de patient partenaire en rétablissement en cancérologie – le patient partenaire met l’accent sur la nécessité d'une approche collaborative entre soignants et patients. Elle s’inscrit ensuite au Cnam au titre de Responsable de projets de formation pour changer de métier. Durant ces deux ans, elle continue de se former en parallèle en programmation neurolinguistique puis en éducation thérapeutique du patient. Toujours au Cnam, Vanessa obtient un diplôme d’organisation et de coaching d’équipe ainsi qu’une unité d’enseignement sur la responsabilité sociétale des entreprises et les référentiels de certification. Actuellement, elle suit un diplôme d’université (DU) « cellule de prévention de la désinsertion professionnelle et maintien en emploi ».
Côté professionnel, Vanessa Billot travaille d’abord pendant 8 ans comme assistante de gestion dans une entreprise qui importe des ventilateurs industriels en provenance d’Italie. À 29 ans, elle fonde sa propre société de conception de machines destinées à aspirer les particules nocives dans les usines afin d’améliorer les conditions de travail des opérateurs. Une expérience qui lui a donné le goût de l’entrepreneuriat, de l’exigence, de la structuration, des process, de la rigueur… et des sueurs nocturnes ! Durant la Covid-19, sa société étant à l’arrêt complet, elle s’engage en tant que bénévole dans l’association créée par Anne Roumanoff « Solidarité avec les soignants » : achat et envoi de matériel de protection aux soignants. Dix-sept ans après la création de sa société, elle effectue une reconversion qui l’oriente notamment vers le Cnam.
Pourquoi avoir choisi le Cnam pour vous former au titre Responsable de projets de formation ?
On dit souvent ceci : « Les personnes qui font le Cnam sont des personnes courageuses », en référence aux cours du soir. Le titre réunissait un panel complet d’unités de formation, et n’était disponible qu’au Conservatoire. J’avais besoin de créer du lien entre ma précédente activité, l’analyse du travail, la formation, et me rapprocher de méthodes de travail plus humaines pour faire suite à mon diplôme d’université de patient partenaire. Je n’avais aucune expérience dans la formation, je souhaitais donc me former pour ne pas avoir à subir le « syndrome de l’imposteur » et donc acquérir des connaissances. Le Cnam m’a apporté bien plus que tout cela ! À la suite du diplôme, j’ai travaillé dans un organisme de formation où j’étais cheffe de projet pendant deux ans et demi. Il s’agissait d’un dispositif de formation de France Travail sur la préparation opérationnelle à l'emploi individuel (POEI) et l’action de formation en situation de travail (AFEST) en Île-de-France, Normandie et Hauts-de-France. J’ai pu mettre en pratique ce que j’avais appris au Cnam : la chefferie de projet, l’analyse du travail, la construction des scénarios pédagogiques et la réflexivité (propriété consistant à pouvoir réfléchir sur soi-même).
Les enseignements ont-ils répondu pleinement à vos attentes ? Des exemples ?
Je n’avais aucune attente particulière en rejoignant le Cnam, tout simplement parce que je ne savais pas ce qui m’attendait. Et fort heureusement car, deux ans de formation, c’est à la fois court et long. Ça laisse le temps de déconstruire, reconstruire et finalement évoluer. Le Cnam m’a apporté la réflexivité, la prise de recul, une méthodologie, un cadre, pour pouvoir structurer la pensée, la vision, l’analyse documentaire et les concepts : analyser et appréhender le travail autrement lors de la mise en pratique de l’unité d’enseignement sur l’analyse du travail. Et surtout OSER. On ne naît pas formateur, on le devient et, pour cela, il faut se former pour acquérir les bonnes méthodes. Les formateurs m’ont laissé le temps de la déconstruction pour me reconstruire, et c’est très important de le souligner car ils m’ont accompagnée dans cette transformation.
Comment voyez-vous la suite pour vous dans les années à venir ?
Avec mon associé, on a créé une association pour le retour à l’emploi des personnes aidantes ou qui ont eu un cancer ou vivent avec une maladie chronique. On est allés plus loin en créant une société de conseil qui est aussi un organisme de formation et qui agit sur l’accompagnement des gouvernances des organisations, la prévention de la désinsertion professionnelle et le maintien dans l’emploi, qui a découlé de la création du label « Prévention, santé, travail, maintien en emploi ». Nous avons construit tous les deux les référentiels de formation, les cartes de compétences et la scénarisation pédagogique. Et pour le label, le référentiel qualité et le règlement de consultation. Ce qui fait le lien avec la méthodologie que le Cnam m’a apportée, ainsi que l’ouverture d’esprit sur le monde de la formation. Ce que je souhaite plus que tout, désormais, c’est créer ma fondation qui combinerait le retour à l’emploi après la maladie, donner l’opportunité aux personnes de se rétablir pour reprendre le travail avec sens, avec le moins de souffrance possible, donner vie à leurs ambitions en offrant un accompagnement de qualité et d’exigence. Pour chacun, cela implique l’estime de soi, l’estime des autres, tourner autour de soi pour se rétablir et s’épanouir. Pour conclure, je dirais que ma vocation est d’aider, mais pas n’importe comment. Avec exigence, méthode, réflexion et innovation sociale.