Vous vous apprêtez à rejoindre le Cnam en tant qu’élève ? Deux conseillers formation éclairent votre chemin !

Même quand on est sûr de soi et qu’on sait, avant même de s’inscrire, quelle formation on souhaite suivre pour rebondir dans sa carrière ou changer résolument de métier, il n’est pas inutile de s’enquérir de quelques bons conseils avisés. Les conseillers formation du Cnam sont là pour vous aider à y voir plus clair dans votre démarche : quels sont vos objectifs professionnels ? Quelles compétences souhaitez-vous acquérir ou renforcer ? Quelle formation vous correspond le mieux ? Entretien croisé avec Véronique Daragon et Benjamin Jorio, conseillers formation au Cnam.

Se former avec le Cnam

Le Cnam en 2025 : quelques chiffres clés

  • 56 000 élèves inscrits
  • 17 000 élèves en alternance
  • 15 000 diplômés
  • 550 enseignants-chercheurs
  • 9 000 intervenants extérieurs
  • 22 laboratoires de recherche
  • 426 doctorants
  • 180 brevets délivrés depuis 2023, dont 9 en 2025
  • Musée des Arts et Métiers (MuAM) : 367 500 visiteurs
 
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© Vignette : AdobeStock.
Le conseiller formation, au-delà de proposer à chacun une formation adaptée à sa situation, intervient auprès de nombreux publics : salariés, demandeurs d’emploi, étudiants ou entreprises souhaitant former leurs équipes. Il informe aussi sur les dispositifs de financement adaptés, comme le CPF ou les aides proposées par certains organismes, et assure un suivi tout au long du parcours afin de vérifier que la formation répond bien aux attentes et aux objectifs fixés. Cette fonction demande par ailleurs de bonnes capacités d’écoute, de communication et d’analyse, ainsi qu’une grande connaissance du monde de la formation professionnelle et du marché de l’emploi.
 
Véronique Daragon, conseillère formation au Cnam

 

Véronique Daragon,
conseillère formation au Cnam

Benjamin Jorio, conseillère formation au Cnam

 

Benjamin Jorio,
conseiller formation au Cnam


NOTRE ENTRETIEN AVEC VÉRONIQUE ET BENJAMIN

 

Comment définiriez-vous votre métier de conseiller formation à travers votre propre expérience ?


Véronique Daragon : Le métier de conseiller formation dépend de la structure dans laquelle il est exercé, mais il comporte néanmoins des bases communes. Pour ma part, ce métier consiste à accompagner les personnes dans l’élaboration de leur projet de formation ou de validation d’acquis dans le cadre d’un projet professionnel (développement de compétences, reconversion professionnelle, création d’entreprise). Il s’agit d’accueillir la personne et de recueillir par un entretien personnalisé à distance (visio ou téléphone) ou en présentiel, les principaux éléments de son parcours professionnel (niveau d’études, situation professionnelle, âge, etc.) puis de faire émerger ses motivations ainsi que les objectifs poursuivis (écoute, questionnement, reformulation, etc.). Elle est informée sur l’offre de formation du Cnam et sur les différents dispositifs de financement mobilisables en fonction de son statut, en prenant en compte le calendrier de réalisation des différentes étapes pour optimiser le montage financier. Par ailleurs, cet accompagnement se décline par mail via un CRM (outil de gestion de la relation client). D’un point de vue administratif, on fait aussi appel à un reporting précisant les différents éléments de l’entretien ou du mail (identité, objet de la demande, domaine de formation, intitulé et code de formation).

Benjamin Jorio : Le métier de conseiller formation est un métier d'accompagnement. Il s'agit d'aider chaque élève et/ou auditeur pour son projet de formation. Ce métier repose sur la capacité à écouter, comprendre, reformuler les attentes du public. Dans la pratique, il consiste en :
  • l'ingénierie de parcours : coconstruire des parcours personnalisés en mobilisant les dispositifs de financement et les offres de formation appropriées ; 
  • la veille permanente : suivre l'évolution des métiers, des compétences, de la réglementation et des dispositifs de formation.

Et d’une manière encore « + » concrète, nous accompagnons les élèves et/ou auditeurs en les recevant en entretien individuel, en réunion collective et en correspondant par courriel.

Y a-t-il une méthode type pour aborder les différents publics du Cnam ou, à l’inverse, faut-il s’adapter à chaque profil ?


VD : Pour aborder les différents publics reçus en entretien (demandeurs d’emploi, salariés, travailleurs indépendants, etc.) et s’adapter à chaque profil, le conseiller de formation utilise les techniques de l’entretien individuel qui se compose de plusieurs phases : 
  • la prise de contact (présentation) ;
  • l’écoute, le questionnement, la reformulation ;
  • les propositions d’hypothèses envisageables (consolidation du projet professionnel, formation, validation des acquis ou orientation vers une autre structure pur un suivi personnalisé) ;
  • l’élaboration d’un éventuel plan d’action et d’une éventuelle ingénierie financière ;
  • •    la clôture de l’entretien (récapitulatif des principales étapes du parcours de la personne).
Le conseiller formation, malgré un cadre d’entretien défini, doit pouvoir adapter et ajuster sa posture afin de répondre au mieux à la diversité des demandes et des publics. 

BJ : Il existe une méthode type qui s'applique à tous les publics : accueillir la personne, analyser sa demande, comprendre son parcours, ses objectifs, ses contraintes et vérifier l'adéquation entre son projet et l'offre de formation. Cependant, il est indispensable de s'adapter à chaque profil. Les publics du Cnam sont très divers : salariés souhaitant développer leur compétences, demandeurs d'emploi, personnes en reconversion professionnelle, travailleurs indépendants, etc. Le rôle du conseiller formation est donc d'ajuster son accompagnement, son niveau d'explication et les solutions proposées en conservant une même méthodologie d'analyse et de conseil. 
 

Comment faire devant une personne qui hésite entre une formation et une autre, voire qui ne sait pas quelle direction prendre ? Comment la rassurer et la convaincre ?


VD : Lorsque je reçois une personne qui hésite entre deux formations, je l’encourage à clarifier son projet de formation en lui proposant d’expliciter les objectifs recherchés par la formation et sa motivation à se former. Je prends le temps de comparer avec elle les formations en question (modalités pédagogiques, prérequis, débouchés sur le marché du travail, modalités d’enseignement, tarifs, temps de formation) en considérant les possibilités de financement de chaque formation – par exemple, la formation peut être diplômante ou certifiante et, de ce fait, finançable ou pas par le CPF. Le choix de la formation devient parfois une évidence au regard du dispositif de financement mobilisable. À mon sens, prendre le temps de l’accompagnement permet de créer une relation de confiance rassurante. Dans tous les cas de figure, ce n’est pas à moi en tant que conseillère formation de prendre la décision pour la personne. Le public attend souvent de notre part de choisir à sa place. Il est donc parfois nécessaire de lui rappeler que le choix final lui incombe. Dans le cas où la personne ne sait pas quelle direction prendre, je l’encourage également à clarifier son projet professionnel, je tente de comprendre où elle en est dans sa réflexion, puis je l’oriente si nécessaire vers les dispositifs d’accompagnement comme un bilan de compétences, un conseil en évolution professionnelle ou une prestation Activ’Projet*. Par ailleurs, il existe une convention partenariale entre le Cnam et la Cité des métiers de Paris qui est un espace de conseils et de ressources professionnelles. Je propose régulièrement aux personnes de s’y rendre afin de consolider leur projet professionnel, puis de revenir vers moi pour étudier ensemble un projet de formation.
 

*La prestation Activ'Projet, proposée par France Travail, est destinée aux demandeurs d'emploi qui souhaitent construire ou confirmer un projet professionnel. Elle fait partie d'un ensemble de services d'aide à la définition et à la construction du projet professionnel.


BJ : Lorsqu'une personne hésite entre plusieurs formations ou ne sait pas quelle direction prendre, je dis souvent que je ne suis pas magicien et que je ne vais donc pas trouver la formation idéale d'un simple coup de baguette magique. Certaines personnes arrivent sans projet précis, avec pour seul objectif de retrouver un emploi rapidement. Dans ce cas, il est important de poser un cadre dès le début de l'entretien et de comprendre où elles en sont dans leur réflexion. Je peux, par exemple, leur demander si elles ont déjà réalisé un bilan de compétences ou si elles connaissent des structures comme la Cité des métiers. Il serait facile de leur proposer directement une formation, mais je ne suis pas convaincu que ce soit toujours la meilleure solution. Mon rôle est avant tout d'accompagner la réflexion, d'aider la personne à clarifier ses motivations et à sécuriser sa décision plutôt que d'influencer son choix. Une personne qui comprend pourquoi elle s'engage dans une formation, ce qu'elle en attend et ce qu'elle pourra en faire par la suite sera généralement plus motivée et plus à même de réussir son parcours.
Lorsque l'hésitation porte sur deux formations, je l'aide à comparer les différentes options de manière objective : les débouchés, les contenus, les modalités d'organisation, la durée, les prérequis, les perspectives d'évolution ou encore les contraintes éventuelles. L'objectif est qu'elle puisse faire un choix éclairé et cohérent avec son projet.


Pouvez-vous nous donner des exemples de personnes atypiques que vous avez rencontrées dans le cadre de votre métier ?


VD : J’ai l’occasion de recevoir et d’accompagner des profils très variés au Cnam. Il y a des personnes qui se présentent d’emblée comme ayant un profil atypique, souvent parce qu’elles sont autodidactes ou qu’elles ont exercé plusieurs métiers très différents dans leur vie professionnelle. Dans ce cas-là, il est important de les rassurer au regard de leur parcours qui est justement unique. Par exemple, pour les personnes autodidactes qui souhaitent faire reconnaitre leurs compétences par un diplôme, nous travaillons ensemble sur un projet de validation des acquis de l’expérience, puis je les oriente vers le service des conseillers en validation des acquis. J’ai le souvenir d’avoir reçu une personne qui était graphiste dans une agence de production depuis de longues années, et son poste était en péril. Elle était, par ailleurs, professeur de yoga et souhaitait se reconvertir dans le développement web. Son profil était atypique car non linéaire. Il a fallu faire des liens dans son parcours, qui n’étaient pas d’emblée évidents. Nous avons élaboré ensemble un plan de formation lui permettant d’allier son activité de professeur de yoga et sa formation. Je rencontre régulièrement des personnes qui ont parfois atteint le sommet d’une carrière très académique ou lucrative, et qui font face à une quête de sens brutale. Par exemple, un responsable financier qui souhaite faire un métier manuel qui a du sens, ou une chargée de communication qui souhaite se lancer dans les métiers de l’accompagnement et de la psychologie (souvent après un burn-out). La question du sens et de l’utilité sociale se retrouvent de plus en plus dans les motivations à se former chez les personnes que nous recevons. Chaque profil et chaque parcours est unique : c’est ce qui fait la richesse de notre métier.

BJ : J'ai eu l'occasion d'accompagner des profils très différents. Par exemple, une personne en reconversion professionnelle après plus de vingt ans dans le secteur du commerce, qui souhaitait avoir un meilleur équilibre « pro/perso ». Passionnée par la pédagogie et l’accompagnement, nous avons mis en place un parcours personnalisé pour suivre la formation « responsable de projet de formation ». Certaines unités d’enseignement ont été validé par le dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE), et d’autres par la formation. Un autre exemple concernant cette fois un sportif de haut niveau. Il existe une convention de partenariat entre le Cnam et l’Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP). Il est très difficile pour un sportif de haut niveau de suivre des études en parallèle de son activité sportive. Pour autant, ce sportif a décidé de suivre une licence professionnelle en parallèle de la préparation pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Nous avons travaillé ensemble sur un projet de formation sur plusieurs années pour arriver à la diplomation du sportif. Mais ce qui m'a le plus marqué, ce sont les parcours atypiques plutôt que les personnes elles-mêmes : des salariés souhaitant changer complètement de métier à 50 ans, des personnes ayant interrompu leurs études depuis longtemps, ou encore des professionnels très qualifiés qui avaient besoin d'un diplôme pour faire reconnaître leurs compétences. Ces situations rappellent qu'il n'existe pas de parcours standard et que le rôle du conseiller est de s'adapter à chaque histoire.
 

Quelle est la question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous auriez aimé répondre ?


VD : « Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? »
Eh bien, j’ai choisi ce métier pour son utilité sociale. Pour moi, être conseillère en formation, en transition professionnelle, c’est aider les personnes à cheminer, à trouver des éclairages dans le cadre de l’élaboration de leur parcours professionnel et de formation. Je tente de les amener à trouver des déclics pour cheminer. J’aime particulièrement comprendre comment la personne met en place des stratégies d’action. J’aime « creuser » avec elle pour trouver la formation qui répond au mieux à son besoin. Ce n’est pas toujours simple, mais ce métier correspond à mes valeurs, et cela est précieux.

BJ : « Quelle est votre motivation première pour venir au travail ? » 
Et là, je répondrais sans hésitation : l’équipe ! J’ai la chance de travailler chaque jour avec des collègues bienveillantes, avec lesquelles je partage des valeurs fortes de soutien, d’entraide et de respect, le tout avec une belle dose d’humour et de bonne humeur. C’est cette ambiance qui me motive à venir travailler chaque jour pour tendre la main à ceux qui ont besoin de mes conseils. Je profite d’ailleurs de cet article pour leur dire (à mes collègues) un grand merci !