Devenir ingénieur Cnam en énergétique (épisode 1/2) : témoignage de Laurine Feinberg, diplômée du cursus
L’ingénieur Cnam spécialité énergétique, est appelé à intervenir dans toutes les phases du projet de développement d’équipements ou d’installations énergétiques : de la conception à la réalisation, de l’exploitation à la maintenance en qualité de maître d’ouvrage, maître d’œuvre, ingénieur conseil, auditeur technique ou entrepreneur. La formation est axée autour de deux domaines principaux : l’énergétique pour l’industrie (production/stockage de chaleur et de froid, récupération thermique, valorisation des rejets thermiques) ; l’énergétique pour les transports (développement de technologie moteurs, intégration de systèmes énergétiques spécifiques). Témoignage de Laurine Feinberg, ingénieure Cnam en énergétique.
Les atouts de l'ingénieur en énergétique se structurent autour de savoirs scientifiques indispensables à la compréhension des réalités techniques actuelles et de leur évolution : thermodynamique appliquée à l'énergétique, sciences thermiques et appliquées aux équipements, électrotechnique appliquée, mécanique des fluides, mathématiques de l'ingénieur. Il s’agit aussi de comprendre les développements de la recherche technologique et scientifique préfigurant le monde professionnel de demain.
Le cursus permet par ailleurs d’acquérir des méthodes et des pratiques de modélisation et de simulation de système enrichies d'une confrontation régulière à des retours d'expérience sur des dispositifs techniques en laboratoire, des sites industriels ou des bâtiments à haute performance. L’ingénieur du 21e siècle ne doit pas non plus oublier les approches réglementaires et normatives de son temps, les méthodes d'analyse de cycle de vie et d'éco-conception, le management de projet et les outils de communication.
5 compétences clés
Maîtrise méthodes et outils permettant l'identification et la résolution de problèmes énergétiques (collecte et interprétation de données, analyse et conception de systèmes complexes, mise en place d'expérimentations) ;
Prise en compte des enjeux industriels, économiques et professionnels (compétitivité et productivité, innovation, propriété intellectuelle et industrielle, qualité et sécurité) ;
Aptitude à travailler en contexte international (intelligence économique, ouverture culturelle, expérience internationale) ;
Connaissance des règles d’éthique permettant de travailler dans le respect des valeurs sociétales ;
Capacité à s'intégrer dans une organisation, à l'animer et à la faire évoluer.
Retour d’expérience…
… avec Laurine Feinberg, ingénieur Cnam en énergétique (2025).
Laurine Feinberg est initialement ingénieure agronome. Elle complète son cursus avec un mastère spécialisé en environnement, car elle est passionnée par cette thématique. En 2004, elle intègre Aéroports de Paris (ADP) comme cheffe du management environnemental, sa mission étant de faire vivre la politique environnement au sein de l’entreprise. Puis pendant sept ans, Laurine est en charge de l'obtention de participations financières et opérationnelles dans des aéroports étrangers dans une filiale internationale d’ADP. En 2016, elle retourne à la maison mère pour piloter des études de faisabilité de projets de construction structurants pour l'aéroport d’Orly, une dizaine allant de 3 à 300 millions d’euros. À la suite à l'épisode de la Covid-19, elle décide d’entamer une reconversion professionnelle et s'engage dans le cycle d'ingénieur en énergétique (option bâtiment) du Cnam. Au bout de deux ans de formation (sur quatre ans), elle obtient de son entreprise un transfert au sein du bureau d’études « bâtiment », avec une appétence particulière pour les études thermiques et carbone. Depuis novembre 2025, Laurine occupe un poste de cheffe de projet en phase exécution. Parmi ses dossiers, l'implantation de panneaux photovoltaïques à Orly dans les endroits où la place est disponible. Des projets tout à fait alignés avec ses principes environnementaux.
Pourquoi avoir choisi le Cnam pour vous former au cycle d’ingénieur en énergétique ?
Le choix a été évident et en même temps opportuniste. J'ai trouvé cette formation en discutant avec une amie, mère et ingénieure également qui avait également choisi le Cnam pour compléter sa formation. Enfin, après plusieurs semaines de réflexion, il m'est apparu que j'avais envie d'une formation qui allait dans le fond des sujets et qui de facto devait donc durer plus de 5 jours. Je me suis alors engagée pour quatre ans de formation en cours du soir. Je suis heureuse d'avoir entamé mon parcours d'ingénieur avec le Cnam et de l'avoir mené jusqu'à son terme. C'est d'une part un aboutissement personnel important – je n'ai pas toujours une grande confiance en moi –, et d'autre part cela m'a donné des bases solides pour discuter avec mes collègues experts afin de bien comprendre les enjeux de leur activité tout autant que la mienne.
Les enseignements ont-ils répondu pleinement à vos attentes ? Des exemples ?
Cette formation en énergétique a répondu à beaucoup de mes besoins. Tout d'abord, elle est progressive puisque les premiers cours reprennent des méthodes et savoirs fondamentaux en mathématiques, physique, acoustique, etc. Ensuite, petit à petit, on rentre dans le concret avec des évaluations dans chaque fin d’unité d’enseignement (UE) : ce sont des projets à rendre et non plus seulement des exercices à résoudre en salle. La formation est très en phase avec les besoins actuels, puisqu'elle couvre les sujets du solaire, de la réglementation thermique, du carbone et de l'optimisation via Python (langage de programmation informatique). On y apprend aussi à réaliser des audits énergétiques, traiter de grandes bases de données, organiser un projet de sa phase de faisabilité à sa réception, sans oublier des sujets nouveaux avec des analyses de cycle de vie carbone ou le recours à la classification par Python. Personnellement, j'ai pu valider plusieurs UE de fin de parcours grâce à une validation des études supérieures (VES), et je n'ai donc pas suivi certaines UE de fin de cycle ouvrant l'esprit aux sujets du management, de la qualité, des relations humaines ou du changement climatique. Aujourd'hui, dans mon poste de cheffe de projet d'exécution, je me sens à ma place à la fois en termes de compétences techniques et managériales. Tout cela en grande partie grâce au cycle d’ingénieur en énergétique suivi au Cnam.
Comment envisagez-vous l’avenir en termes professionnels ?
Il m'est difficile à ce jour de me projeter, car je viens tout juste de prendre ce nouveau poste de cheffe de projet en phase exécution. J'ai bien l'intention d'apprendre encore beaucoup de choses aussi bien techniquement que du point de vue managérial. C'est une dimension que j'ai peu développée jusqu'à présent, même si j'ai déjà piloté des prestataires de service. J'apprécie de passer dans une fonction très concrète où je vais voir le résultat du travail engagé en amont. Ce nouveau challenge vise à piloter la maîtrise d'œuvre et à engager la phase d'exécution et de réalisation sur site. ADP est une entreprise de service qui accueille tous les jours des milliers de voyageurs, et les travaux qui sont réalisés dans nos bâtiments et territoires ne doivent jamais empêcher l'exploitation. Par ailleurs, cette industrie très particulière qu'est l'aéroportuaire dispose de plusieurs normes de réalisation très spécifiques qui complexifient la tâche de la cheffe de projet.