Numérique : les nouvelles compétences recherchées par les entreprises
En matière numérique, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la data sont aujourd’hui les trois domaines stratégiques qui occupent les entreprises. Rester dans la course à l’IA tout en assurant une sécurité optimale des données relève du défi quotidien pour les organisations, publiques ou privées, petites ou grandes. Dans ce contexte, les profils capables de maîtriser ces technologies – expertise technique, capacité d’adaptation, compréhension des enjeux numériques – deviennent une nécessité absolue à la bonne santé économique des sociétés. Au Cnam, l’École du numérique et de l’intelligence artificielle (IA) est là pour répondre à ces attentes.
On le sait désormais, l’IA transforme de nombreux secteurs : de la santé aux transports, de la finance au commerce en passant par l’industrie manufacturière. Pour faire carrière dans ce secteur, il est indispensable de disposer de compétences techniques solides : programmation avec Python, compréhension des algorithmes d’apprentissage (modèle utilisé par une machine pour accomplir une tâche, fabriquer un objet), traitement et analyse des données massives avant même de réfléchir et de créer un modèle adapté aux enjeux commerciaux de l’entreprise.
La cybersécurité, pour sa part, a pour objet la protection des systèmes informatiques et des données contre les attaques pirates. Ici, les compétences sont différentes que pour l’IA. Il faut connaître les protocoles de sécurité réseau, les crypto-systèmes* et les méthodes de détection d’intrusion. Le déficit mondial de professionnels en termes de cybersécurité dépasserait les 3 millions et demi de postes.
Enfin, la data devient le carburant des entreprises. Il faut extraire, nettoyer et analyser des jeux de données complexes. Au-delà des compétences techniques, il est fondamental de savoir visualiser des données avec des outils comme Tableau ou Power BI pour rendre les résultats compréhensibles. De nos jours, la pensée analytique est la compétence la plus importante pour les employeurs.
En conclusion, IA, cybersécurité et data constituent aujourd’hui trois piliers incontournables du numérique. Chacun de ces domaines réclament des compétences techniques précises, accompagnées de compétences plus globales essentielles pour accomplir une carrière dans le temps. Pour se préparer efficacement et mettre toutes les chances de son côté, une formation structurée demeure donc un atout majeur, sinon incontournable.
*Un crypto-système désigne un ensemble composé d'algorithmes cryptographiques capables de chiffrer des textes en clair ou de déchiffrer des textes chiffrés à l’aide de clés.
Au Cnam, une école dédiée au numérique et à l’IA
L'École du numérique et de l'IA s’est donné pour objectif de former des experts dans ces deux domaines et à fournir à ses étudiants les compétences techniques et pratiques nécessaires pour répondre aux défis actuels et futurs. De fait, les carrières sont variées et prometteuses dans le numérique et l’IA. Dans cette perspective, l’école du Cnam propose une offre de formation à la carte et des diplômes qui ouvrent la voie à une multitude de débouchés professionnels.
L’École du numérique et de l’IA du Cnam est organisée autour de quatre grands domaines :
Développement et conception : ce pôle concerne l'analyse des besoins, la conception de l'architecture logicielle, l'apprentissage des langages de programmation, la conception et la gestion de bases de données informatiques et le multimédia. Les métiers en développement et conception couvrent un large spectre : développeur logiciel, ingénieur en science des données, administrateur de bases de données, architecte logiciel, analyste de données, chef de projet informatique, développeur web, analyste fonctionnel, ingénieur DevOps, etc.
Industrie et numérique : ce pôle est un domaine multidisciplinaire qui englobe l'automatisme et la robotique, les bâtiments et la construction, ainsi que l'électronique. Les débouchés possibles sont ingénieur en automatisme, technicien en robotique industrielle, ingénieur en génie électrique, spécialiste en gestion du bâtiment, ingénieur en électronique industrielle, technicien en robotique, chef de projet BIM*, ingénieur en systèmes embarquées, spécialiste en automatisation des processus, etc.
Infrastructure et cybersécurité : ce pôle s'articule autour de trois axes que sont les architectures informatiques, la cybersécurité et les télécommunications et réseaux. Il existe une grande diversité de métiers dans ce secteur. Les débouchés possibles sont ingénieur réseaux, administrateur système, expert en cybersécurité, architecte cloud, technicien télécom, analyste en réseaux, consultant en infrastructure, etc.
Transition numérique et société : ce pôle regroupe cinq domaines dans lesquels la transition numérique et la digitalisation de la société ont profondément transformé les pratiques. Ces évolutions ont induit le développement de nouveaux métiers, auxquels l'École du numérique et de l'IA prépare, tel que juriste en droit informatique et protection des données, responsable de la transformation digitale, community manager, consultant en e-commerce, ingénieur fintech, consultant en santé numérique, spécialiste en télémédecine, analyste en marketing digital, data protection officer (DPO), etc.
*Building Information Modeling ou Modélisation des informations du bâtiment.
3 QUESTIONS À SAMIA BOUZEFRANE, PROFESSEURE DES UNIVERSITÉS EN INFORMATIQUE AU CNAM
Comment résumeriez-vous les compétences indispensables pour faire carrière dans le numérique ?
Pour réussir une carrière dans le numérique, il est bien sûr essentiel de posséder des compétences techniques solides. Aujourd’hui, des domaines comme la cybersécurité et l’intelligence artificielle sont devenus incontournables. La gestion des données occupe également une place centrale : il faut savoir comment protéger les données, les sécuriser, mais aussi les exploiter grâce aux techniques d’IA, d’analyse et de visualisation. Cependant, les compétences techniques ne suffisent pas. Les métiers du numérique exigent aussi des qualités humaines et relationnelles : développer un esprit critique, comprendre les besoins des utilisateurs, travailler efficacement en équipe, faire preuve de curiosité et de créativité, ou encore communiquer de façon claire et accessible. Enfin, ce qui distingue véritablement les professionnels du numérique est leur capacité d’apprentissage continu. Les technologies et les méthodes évoluant en permanence, il est indispensable de rester en veille, de se former régulièrement et d’être capable d’acquérir rapidement de nouvelles compétences.
Le Cnam : acteur incontournable de la formation dans la thématique du numérique ?
Le Cnam est aujourd’hui un acteur majeur de la formation dans les métiers du numérique. Grâce à son positionnement historique sur la formation tout au long de la vie, il accompagne aussi bien les étudiants que les professionnels en reconversion ou en montée en compétences dans des domaines en constante évolution. Son implantation sur l’ensemble du territoire français contribue à démocratiser l’accès aux métiers du numérique. En effet, l’établissement propose des formations couvrant l’ensemble des grands enjeux du numérique : informatique, cybersécurité, intelligence artificielle, data, développement logiciel, réseaux, cloud, systèmes d’information ou encore transformation digitale. Cette diversité permet de répondre aux besoins croissants des entreprises et aux évolutions rapides des métiers. L’un des points forts du Cnam réside également dans sa pédagogie orientée vers la pratique et les besoins du terrain. Les formations sont conçues en lien étroit avec les attentes des entreprises et animées par des enseignants, chercheurs et professionnels du secteur. Elles sont accessibles sous différents formats — alternance, cours du soir, formation continue ou à distance — afin de s’adapter aux parcours et contraintes de chacun. Le Cnam joue aussi un rôle important dans l’accompagnement des transitions professionnelles. Dans un contexte où les compétences numériques deviennent essentielles dans tous les secteurs d’activité, il permet à de nombreux actifs d’acquérir de nouvelles expertises ou de se spécialiser sur des technologies émergentes comme l’IA générative ou la cybersécurité. Par sa capacité à associer expertise académique, proximité avec les entreprises et flexibilité des parcours, le Cnam s’impose comme un acteur incontournable de la formation aux métiers du numérique.
IA, cybersécurité, data : quels sont les besoins – actuels et futurs – des entreprises ?
Les entreprises ont aujourd’hui des besoins croissants dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de la data, et ces besoins devraient encore s’intensifier dans les années à venir. En matière d’IA, les entreprises cherchent avant tout à améliorer leur performance et leur compétitivité. Elles souhaitent automatiser certaines tâches, optimiser leurs processus, mieux exploiter leurs données et développer de nouveaux services personnalisés. Cela crée une forte demande de profils capables de concevoir, déployer et encadrer des solutions d’intelligence artificielle, tout en prenant en compte les enjeux éthiques et réglementaires. La cybersécurité est devenue un enjeu stratégique majeur. Avec l’augmentation des cyberattaques et la multiplication des données sensibles, les entreprises ont besoin de sécuriser leurs systèmes, leurs infrastructures et leurs informations. Les besoins concernent aussi bien la prévention des risques que la détection des menaces, la gestion des incidents ou encore la sensibilisation des collaborateurs aux bonnes pratiques de sécurité.
La data, quant à elle, est au cœur de la transformation numérique. Les entreprises collectent des volumes de données toujours plus importants et cherchent à les exploiter pour prendre les meilleures décisions. Elles ont donc besoin de compétences en gestion, analyse, gouvernance et visualisation des données, mais aussi de profils capables de transformer ces données en informations utiles et exploitables. À l’avenir, ces trois domaines seront de plus en plus liés. Les entreprises rechercheront des professionnels capables de combiner compétences techniques, compréhension des enjeux métier et capacité d’adaptation. Les profils hybrides, à la fois techniques et stratégiques, devraient être particulièrement recherchés. Par ailleurs, les modèles de langage (LLM pour Large Language Model) et de l’IA générative bousculent déjà les domaines de la data, de la cybersécurité et plus largement les métiers du numérique. Le rôle de cette IA générative ne sera plus seulement d’automatiser certaines tâches, mais également d’assister les professionnels dans l’analyse, la création et la prise de décision. Dans le domaine de la data, les IA génératives permettent déjà d’exploiter les données plus rapidement et plus simplement. Elles peuvent aider à analyser de grands volumes d’informations, générer des synthèses, produire des visualisations ou encore faciliter l’accès aux données via des interfaces conversationnelles en langage naturel. Cela démocratise l’usage de la donnée au sein des entreprises.
En cybersécurité, les LLM peuvent contribuer à détecter des comportements suspects, analyser des incidents de sécurité, générer des rapports ou assister les équipes dans la recherche de vulnérabilités. Ils peuvent également aider à automatiser certaines tâches répétitives. Mais ils représentent aussi un nouveau risque : les cyberattaquants peuvent utiliser l’IA générative pour créer des effractions plus sophistiquées, des campagnes de phishing* plus crédibles ou du code malveillant. Les entreprises devront donc renforcer leurs capacités de défense tout en maîtrisant les usages de ces technologies.
Plus globalement, l’IA générative va devenir un outil d’assistance dans de nombreux métiers du numérique : développement logiciel, support utilisateur, création de contenus, gestion de projets, analyse métier, etc. Les professionnels ne seront pas remplacés, mais leur manière de travailler va évoluer. La valeur se déplacera davantage vers la capacité à poser les bonnes questions, la vérification et l’interprétation des résultats produits par l’IA, la compréhension des enjeux métiers, et la sécurité et l’éthique des usages.
*Phishing, ou hameçonnage en français, est une forme d'escroquerie sur internet. Le fraudeur se fait passer pour un organisme connu (banque, impôts, CAF, etc.) en utilisant le logo et le nom de cet organisme pour usurper une identité.