Traitement et valorisation des déchets : une voie d’avenir à laquelle le Cnam forme
Prendre soin de la planète passe aussi par le recyclage des déchets, qu’ils soient industriels, ménagers ou alimentaires. En France, selon les derniers chiffres de 2022, 298 millions de tonnes d’ordures ont été collectées. Que fait-on de ces déchets ? Comment sont-ils traités puis transformés ? Le recyclage est devenu une véritable industrie, à laquelle le Cnam donne accès via sa licence professionnelle Traitement et gestion des déchets par l'apprentissage.
Dans l’Hexagone, quelques 300 millions de tonnes de déchets sont collectés puis traités chaque année par des acteurs publics et privés. À ce jour, 52% de ces déchets sont spécifiquement orientés vers un recyclage pouvant prendre différentes formes, tous déchets confondus : 20% sont stockés dans des installations dédiées, 19% servent au remblayage (stabilisation des sols), enfin 9% sont incinérés, avec ou sans récupération d’énergie grâce à la chaleur créée. Il est à noter que, selon Eurostat, l’office statistique de l'Union européenne, le taux de recyclage connaît une baisse sur le continent depuis 2018, passant de 55% à 52% en 2022.
La valorisation des déchets vise le réemploi, le recyclage ou toute autre action permettant d’obtenir des matériaux réutilisables ou de l’énergie. Certains déchets dangereux (amiante, phytosanitaires, piles, etc.) ont un fort taux de valorisation : plus de 80% des batteries et des piles sont recyclées, 90% des huiles usées collectées valorisées. À l’inverse, les déchets de soins, les rebus chimiques et les solvants usés sont pour la plupart incinérés sans récupération d’énergie. Les déchets minéraux dangereux (goudron, peintures, bois traités) sont quant à eux en grande partie enfouis. Enfin, les déchets minéraux et inertes provenant majoritairement du secteur de la construction (béton, brique, verre, bois traités, etc.) ne sont pas biodégradables, mais ils ont peu d’influence néfaste sur la santé et l’environnement.
S’agissant de la production mondiale de plastique, elle ne cesse de croître depuis les années 1950. Elle est passée de 0,6 kilo par habitant à 47,7 kilos en 2019, soit 368 millions de tonnes. La production française est d’environ 5 millions de tonnes, soit 9,5% de la demande européenne. En 2017 en Europe, le taux de recyclage de l’ensemble des déchets plastiques a atteint 31%, une tendance qui s’est poursuivie l’année suivante avec un taux de recyclage de 32 %. Les emballages plastiques ont un meilleur taux de recyclage avec 42%.
Enfin, les déchets ménagers et assimilés, qui regroupent les ordures ménagères résiduelles et les déchets en collecte sélective (poubelle jaune), représentaient en 2021 41,3 millions de tonnes, soit 6 % de plus qu’en 2019. Ceux-là sont traités par valorisation énergétique ou organique à hauteur 78% en 2019 contre 53% seulement vingt ans plus tôt.
Des exemples de valorisation des déchets
Les déchets peuvent être valorisés selon plusieurs techniques : le recyclage, la production d’énergie électrique ou thermique, le réemploi, etc. La filière française de la valorisation et du recyclage des déchets représente 1600 entreprises et 19,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, selon le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Par exemple, en 2023, 17,9 térawatt-heures ont été produits à partir du traitement des déchets, soit la consommation par an de 8 millions de Français. Côté emballages, 5 millions de tonnes ont été recyclées en 2023, soit environ 77% des emballages ménagers et des papiers mis sur le marché national.
Aujourd’hui, la France compte plus de 650 centres de tri. Les incinérateurs et les décharges ont été équipés pour permettre une meilleure valorisation énergétique et moderniser pour limiter les rejets dans l’atmosphère.
Licence professionnelle Génie des procédés pour l'environnement parcours Traitement et gestion des déchets (apprentissage)
Cette licence professionnelle est accessible à bac+2 scientifique avec initiation aux techniques de l'environnement et de l'agronomie : L2 Sciences, technologie, santé, BTS Sciences et techniques, Brevet de technicien supérieur agricole (BTSA). La formation se déroule sur un an via un contrat d’apprentissage pour comprendre et maîtriser toutes les étapes du recyclage et répondre aux besoins des entreprises du secteur : gestion, traitement et contrôle des déchets ; protection de l'environnement et exploitation des nouvelles ressources issues du recyclage ; mise en place et fonctionnement des filières de reconversion des déchets.
4 grandes compétences acquises à l’issue de la formation :
Déchets et fonctionnement des installations de valorisation, de traitement et de stockage des déchets : identification des différentes familles de déchets et de leurs caractéristiques physiques, chimiques et biologiques ainsi que leur impact sur le milieu naturel ; élaboration des processus de contrôle de la qualité d’un déchet ; identification d’un gisement, etc. ;
Techniques de communication dans des domaines techniques spécialisés : utilisation des principaux outils d'animation d'équipe, de contrôle de l'activité et de reporting en lien avec les modèles de gestion et le vocabulaire technique approprié ; animation d’une équipe, fixer des objectifs opérationnels et réalisables dans l'immédiat, à court et moyen terme ; réaction face à l'urgence, etc. ;
Hygiène, de la sécurité des personnes et des environnements : connaissance des normes de traitement et de rejet et les méthodes d'analyse ; surveillance et utilisation des indicateurs de suivi de l'application des règles d'hygiène, de sécurité et d'impacts environnementaux des installations (environnements humains/écosystèmes) ; analyse technique des résultats de tests et de prélèvements en appliquant la réglementation et en prenant en considération les paramètres de coûts, etc. ;
Compétences transverses : rédaction d’une documentation technique ; recherche bibliographique ; formulations en français et en anglais technique.
MARINE LAPENDRY, DIPLÔMÉE DE LA LICENCE (2025)
À la suite d’un BTS en gestion et protection de la nature réalisé à Lyon, j’ai souhaité poursuivre mes études en apprentissage afin de découvrir concrètement le monde professionnel. Ne trouvant pas d’alternance dans ce domaine, j’ai postulé à une offre sur LinkedIn qui m’a permis de découvrir la licence professionnelle Gestion, traitement et valorisation des coproduits et bioressources (ancienne appellation), une formation unique en France. Quand j’ai intégré cette licence pro, je ne connaissais que très peu le secteur des déchets, mais grâce à mon alternance chez Roannais Agglomération et aux enseignements reçus, j’ai appris à en comprendre les enjeux et à apprécier pleinement ce domaine. Les cours de droit général et de l’environnement, la gestion et la valorisation des déchets, ainsi qu’un projet tuteuré et mon mémoire professionnel ont particulièrement marqué mon parcours. Aujourd’hui, je poursuis mes études en master Management, ingénierie et droit de l’environnement à Lyon, et je suis en alternance dans une grande entreprise à Annecy, où je mobilise régulièrement les acquis de la licence professionnelle. L’an prochain, j’intégrerai en M2 la spécialité Biodiversité et génie écologique afin de finaliser mon parcours et concrétiser mon projet professionnel dans le domaine de l’environnement. Après mon master, je souhaite travailler dans le domaine de l’environnement, même si je n’ai pas encore en tête de fonctions précises. Grâce à mes formations précédentes, j’ai développé un intérêt pour plusieurs thématiques comme les déchets, la biodiversité, la sécurité ou encore la gestion des risques. Je m’orienterai donc vers l’un de ces domaines, ou alors je poursuivrai éventuellement quelques années dans mon entreprise actuelle. Par ailleurs, quel que soit le poste que j’occuperai, je sais que j’aurai toujours à cœur de m’investir dans des actions simples et concrètes, comme le tri des déchets, un sujet auquel je suis sensible et qui ne représente aucun coût.
Sources de l’article
Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et Logement